Société : Entre maladie et guérison

Devons-nous obligatoirement avoir recours à la violence pour régler nos différends ?
Société : Entre maladie et guérison

Nous démarrons cette semaine dans le froid de l’hiver qui s’est bien installé à Maurice. La température ne se réchauffera pas de sitôt et nous sommes condamnés à subir des nuits froides et des journées fraîches pour encore plusieurs longues semaines. En ce lundi maussade, nous savons un peu plus sur le sordide fait divers qui défraie la chronique depuis ce week-end : l’éternel triangle amoureux qui finit mal. Dans le cas présent, c’est le mari qui a été tué, avec l’entente présumée entre l’épouse et l’amant. Ce fait divers est-il symptomatique d’une société malade ?

Devons-nous obligatoirement avoir recours à la violence pour régler nos différends ?

Car la question se pose. Pourquoi tuer alors que le divorce existe ? Pourquoi tuer et transformer des enfants en orphelins ? Pourquoi tuer alors que le dialogue peut résoudre bien de problèmes ? Notre population est-elle aussi immature que certains le pensent ? Ne savons-nous plus parler, plus communiquer de manière civilisée ? Devons-nous obligatoirement avoir recours à la violence pour régler nos différends ?

Toutes les semaines, les faits divers relatent les histoires de vies brisées, de vols et de cambriolages qui tournent en tueries, de disputes entre époux qui finissent en drames, de violences sexuelles faites contre des femmes, d’histoires d’amour qui deviennent des histoires de haine, d’accidents de la route qui se transforment en bagarres et pugilats, de collégiens qui se tapent dessus à l’école comme à la gare routière, de fêtes et autres réceptions qui se métamorphosent en rings de boxe pour esprits échauffés et imbibés d’alcool… La liste est longue. Trop longue.

Que faire pour que notre société guérisse ?

Comment retrouver la sérénité ? Nos enfants grandissent pour la plupart dans un environnement, où la violence est devenue banale, que ce soit par le biais des médias – Internet, télévision, réseaux sociaux – ou de par leur frottement avec la vie réelle. Ces enfants, devenus adultes, vont répéter pour la plupart ces excès. Complétant ainsi le cercle vicieux de la violence.

L’éducation est sûrement une des clés qui permettraient de décanter la situation. Une société bien éduquée est souvent une société qui comprend que la violence ne résout rien. Il nous faut réapprendre à nous servir de notre intelligence. Car il semblerait que nous ne savons plus utiliser notre cerveau. On est tellement entouré de technologies nouvelles, d’outils informatiques et d’intelligences artificielles qui pensent pour nous que nous ne pouvons plus penser par nous-mêmes. C’est le paradoxe de la vie moderne.

Encourager les gens à lire, à exercer leurs neurones, à écouter d’autres personnes parler, à écrire ce qui se passe dans leur tête, à reprendre en main leur droit à s’exprimer, à libérer la parole aidera certainement la société à être plus réfléchie et moins réactive et épidermique. Toutes les maladies peuvent avoir des remèdes. L’important est de savoir si on veut être guéri.

Sunil Gohin,

CEO de Wazaa FM et d’Inside News

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