146 décès enregistrés en 2026 révèlent des préoccupations sanitaires persistantes à Rodrigues

1 octobre 2026

Des données de santé publique publiées pour Rodrigues ont mis en lumière les taux de mortalité sur l’île, révélant 342 décès en 2024, 285 en 2025 et 146 au cours des six premiers mois de 2026.

Alors que le total global des décès a diminué, passant de 342 en 2024 à 285 en 2025, les responsables notent que les chiffres disponibles n’indiquent pas actuellement une explosion des décès prématurés sur l’île.

Néanmoins, les inquiétudes de la communauté persistent quant au nombre de personnes qui meurent avant l’âge où elles devraient pouvoir profiter pleinement de la vie.

Dans une communauté insulaire soudée, chaque disparition prématurée — qu’elle concerne une mère, un père, un frère, une sœur, un travailleur, un entrepreneur, un athlète ou un jeune adulte — résonne dans l’ensemble de la société, affectant bien au-delà de la famille immédiate.

Les statistiques officielles du ministère de la Santé soulignent que les maladies du système circulatoire constituent la principale catégorie de causes de décès à Rodrigues.

En 2024, elles représentaient 34,8 % de l’ensemble des décès, soit 119 décès. Les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques arrivent ensuite à 21,6 % (74 décès), tandis que les cancers en constituent 12 % (41 décès). Ensemble, ces trois catégories expliquent près de sept décès sur dix enregistrés sur l’île cette année-là.

Malgré ces répartitions, une information cruciale demeure absente du débat public : le décompte exact des personnes décédées avant l’âge de 70 ans.

Les experts et les habitants se demandent combien de personnes succombent à des crises cardiaques à 45, 50 ou 55 ans, ou souffrent d’AVC avant 60 ans.

D’autres questions sans réponse portent sur le nombre de personnes qui découvrent le diabète uniquement après l’apparition de complications graves, combien de cancers diagnostiqués trop tard, et combien de vies auraient pu être allongées ou sauvées grâce à un dépistage plus précoce.

Étant donné que les ressources médicales spécialisées sont intrinsèquement plus limitées sur une île que dans un grand centre urbain, la prévention précoce et le dépistage revêtent une importance particulière.

Les observateurs soulignent que la prévention ne peut pas commencer lorsque le patient arrive aux urgences ; elle doit débuter bien plus tôt. Parmi les mesures clés figurent le suivi de la pression artérielle, le dépistage du diabète, le contrôle du cholestérol, la lutte contre le tabagisme, la promotion d’une alimentation équilibrée et de l’activité physique, le dépistage du cancer et des suivis réguliers pour les personnes à risque.

En fin de compte, bien que les statistiques n’indiquent pas une poussée de mortalité prématurée — et que le nombre total de décès annuels ait diminué entre 2024 et 2025 — les données mettent en évidence le lourd tribut que les maladies cardiovasculaires, les affections métaboliques et les cancers font peser sur l’île.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.