Des pourparlers préliminaires sont en cours entre des figures politiques majeures à Maurice, mais les dirigeants s’empressent de minimiser les perspectives immédiates d’une coalition formelle. Paul Bérenger, chef du Front Militant Progressiste (FMP), a confirmé lors d’une conférence de presse samedi 4 juin qu’il avait pris contact avec plusieurs dirigeants d’opposition extra-parlementaire.
Bérenger a explicitement nommé Patrick Belcourt, Nando Bodha et Rama Valayden comme des personnalités qu’il avait approchées.
« Pour être franc, je suis en contact avec de nombreuses personnes », a déclaré Bérenger, tout en précisant explicitement qu’aucun accord formel n’avait été conclu. « Nous sommes en relation, mais nous n’avons encore conclu aucun marché. »
Les dirigeants minimisent les pourparlers sur une alliance
Les révélations ont immédiatement relancé les spéculations concernant un possible regroupement des forces d’opposition, bien que les principaux protagonistes concernés aient rapidement tempéré les attentes.
Patrick Belcourt, chef d’En Avant Moris, a confirmé que l’échange avait eu lieu mais a rejeté l’idée que ces échanges constituaient des négociations stratégiques en vue d’une alliance politique.
« Nous avons bel et bien discuté », a déclaré Belcourt. « Comme vous le savez, En Avant Moris parle avec tout le monde. Un contact a été noué avec Paul Bérenger par politesse. Nous avons surtout évoqué le fait que le pays traverse une période difficile. »
Belcourt a fermement écarté toute intention immédiate de coalition, déclarant que « la question d’une alliance ne se pose pas » et soulignant que la priorité actuelle doit être « la reconstruction ».
Au cours de leur échange, les deux dirigeants ont également relevé une connexion historique. Belcourt a confié qu’un ancêtre à lui, Émile Belcourt, faisait partie des premiers fondateurs présents à la toute première réunion exécutive du Labour Party le 2 avril 1936.
Réactions sans engagement de l’ensemble des protagonistes
D’autres figures majeures de l’opposition nommées ou liées aux discussions ont tenu leurs distances :
- Roshi Bhadain : Le leader du Reform Party n’a pas été approché par Bérenger, et ce dernier l’a lui-même confirmé. Interrogé, Bhadain a refusé de commenter directement les déclarations du chef du FMP, préférant se concentrer sur son prochain « grand rassemblement le 19 juillet ». Bhadain a rappelé qu’il est crucial pour le Reform Party et ses alliés de former le prochain gouvernement, avertissant : « Sinon, tout le monde est bloqué, le pays coule ! »
- Nando Bodha & Rama Valayden : Les deux figures ont été explicitement citées par Bérenger comme contacts, mais aucune d’elles n’avait répondu aux demandes de presse au moment de la publication.