4 policiers suspendus sous les feux des projecteurs alors que 2 nouvelles charges sont déposées

13 octobre 2026

Le sergent de police Gautam Singh Taukoor est confronté à deux nouvelles charges provisoires à la suite d’un incident par tir survenu à Camp-Levieux, lors duquel une jeune femme a été grièvement blessée par balle.

L’ancienne charge provisoire initiale de détention d’une arme à feu dans l’intention de mettre en danger la vie a été retirée. Le sergent Taukoor est désormais poursuivi pour des chefs d’“utilisation d’une arme à feu pour intimider” Tirvassen Soobrayen en vertu de l’article 37(1) de la Firearms Act, et pour des blessures et coups involontaires infligés à Élodie Thomas par imprudence en vertu de l’article 239(1) du Code pénal.

Le sergent Taukoor est apparu devant le Rose-Hill District Court à 17 h 00, lundi 12 octobre, suite à des consultations entre la police et le Bureau du Procureur de la République (DPP).

Une importante présence sécuritaire impliquant plus de 20 agents de police a été déployée autour du tribunal, où des journalistes et des photographes attendaient derrière une barrière.

À l’issue de son passage devant le tribunal, le sergent a été mis en détention policière, la police s’opposant à sa libération sous caution sur recommandation du DPP.

L’officier accusé a été suspendu de ses fonctions, ainsi que trois autres policiers présents lors de l’incident.

Supervision du DPP et éventuelles charges supplémentaires

Le DPP a indiqué que les charges pourraient évoluer au fur et à mesure que les enquêtes progressent. Bien qu’une charge initiale de tentative d’homicide involontaire ait été envisagée lors des consultations avec les enquêteurs, le DPP a déclaré que les éléments de preuve rassemblés par la police à ce stade ne permettent pas d’établir des infractions plus graves.

Le DPP a demandé des éclaircissements supplémentaires concernant le déroulement des événements et les preuves disponibles. Les peines prévues pour les infractions envisagées peuvent atteindre jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.

Le DPP a souligné que l’enquête demeure à ses débuts. Les rapports médico-légaux sont toujours en attente, et un témoin clé — un passager du fourgon impliqué — n’a déposé sa déposition qu’hier.

Par ailleurs, d’autres policiers et des membres de la Special Mobile Force présents lors de l’incident feront l’objet d’enquêtes pour une éventuelle omission coupable (manquement à porter assistance à une personne en danger).

Le DPP a annoncé qu’il continuerait de suivre les preuves recueillies tant par la police que par l’Independent Police Complaints Commission (IPCC).

Si des avancées significatives ne se matérialisent pas, le DPP a averti qu’il envisagerait de demander l’ouverture d’une enquête judiciaire devant le Rose-Hill District Court.

Famille de la victime exige une enquête indépendante de l’IPCC

Parallèlement aux procédures judiciaires, la famille de la victime Élodie Thomas a formellement saisi l’IPCC pour exiger une enquête indépendante sur la fusillade, les soins apportés à la victime et les vérifications post-tir.

L’avocat M. Rama Valayden, accompagné de Maître Assad Peeroo et de Jonathan Thomas (époux d’Élodie Thomas), a déposé une lettre officielle auprès de l’IPCC après une plainte en ligne déposée dimanche.

« Nous espérons que le Premier ministre tiendra sa parole et qu’il n’y aura pas de tentative de dissimulation », a déclaré M. Valayden.

Les déclarations déposées auprès de la commission soulèvent des questions cruciales concernant la conduite de l’intervention policière :

  • Le récit du chauffeur : Tirvassen Soobrayen (également connu sous le nom de Rody), le chauffeur du van, a déclaré avoir vu le sergent tenir un bouclier avant que l’officier n’ouvre la porte du véhicule et ne braque son arme sur lui. M. Soobrayen a pris la fuite avant de réaliser que Mme Thomas avait été blessée, puis il a cherché de l’aide et contacté les services d’urgence.
  • Absence alléguée d’assistance : Marie Mélanie Laeticia Thomas, la belle-sœur de la victime, a dénoncé une prétendue absence d’assistance immédiate de la part des policiers présents, selon les informations qui lui ont été fournies.
  • Examens et exigences de preuves : Dulloo, un ami du chauffeur, a déclaré avoir demandé des tests supplémentaires d’alcool et de dépistage de drogues pour le sergent, affirmant que toutes les demandes n’ont pas été satisfaites. Il a appelé à la conservation des images CCTV du poste de police de Camp-Levieux.

M. Valayden a exprimé son inquiétude sur le fait que les avocats de la défense ignorent encore qui, au sein du Central Crime Investigation Department (CCID), dirige l’enquête après le transfert du dossier.

Il a exhorté le Premier ministre à tenir ses engagements contre toute tentative de dissimulation et a demandé au DPP de traiter le dossier avec diligence.

L’IPCC a souligné que les allégations formulées dans les déclarations des plaignants seront comparées avec les témoignages d’autres témoins et les preuves disponibles dans le cadre du processus de vérification indépendante demandé par la famille.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.