Plus d’un tiers de la flotte d’ambulances du ministère de la Santé est actuellement hors service, alors que des pannes majeures frappent des équipements d’imagerie médicale essentiels dans les hôpitaux publics, suscitant des appels à une refonte urgente du système de maintenance des soins de santé.
Sur les 65 ambulances du ministère, seuls 40 fonctionnent pleinement, a révélé le ministre de la Santé Anil Bachoo devant le Parlement, à l’issue d’une question posée par le député Ashley Ramdass.
Vingt-cinq véhicules restent immobilisés pour des opérations de maintenance ou des réparations, et on prévoit que 20 d’entre eux reviendront en service. Cinq ambulances sont radiées définitivement, en raison de leur ancienneté, de leur état général et des dommages causés par des accidents, rendant les réparations non viables d’un point de vue économique.
Pour remplacer les véhicules arrivant en fin de carrière et accroître la capacité opérationnelle, cinq nouvelles ambulances ont été prévues pour 2026–2027 dans le cadre d’un processus d’approvisionnement déjà engagé.
Interrogé sur leur capacité à répondre aux demandes futures, M. Bachoo a déclaré avec prudence : « J’espère qu’elles nous suffiront. »
Le ministre a reconnu que l’entretien préventif n’avait pas été effectué avec la régularité souhaitée par le passé, même si un système d’entretien plus efficace a été mis en place.
Les détails concernant les fréquences de vérification, les interventions prévues et le temps moyen d’indisponibilité n’ont pas été fournis dans sa réponse parlementaire.
La crise de maintenance s’étend directement aux équipements d’imagerie publique cruciaux :
- Centre national du Cancer : la machine IRM est entièrement hors service.
- Hôpital Victoria (Candos) : le scanner CT et l’IRM ne sont pas disponibles.
- Hôpital Dr A.G. Jeetoo : l’IRM demeure opérationnelle malgré des problèmes techniques, mais le scanner CT ne peut pas suivre le volume des demandes médicales en raison de défauts techniques.
- Mediclinics : Plusieurs établissements rencontrent des dysfonctionnements des appareils radiographiques.
Les patients sont actuellement redirigés vers d’autres hôpitaux régionaux, tandis que le ministère collabore avec des cliniques privées pour accélérer les soins.
Le Dr Harish Reesaul, directeur par intérim des Services de Santé, a imputé ces défaillances à des pièces défectueuses et au vieillissement des équipements, précisant que des experts du fournisseur travaillent sur les réparations.
Les futurs contrats d’approvisionnement pour les IRM et les scanners CT imposeront des plans d’entretien.
Les responsables médicaux exigent une réforme administrative d’envergure. Le Dr Meeteelesh Abeeluck, président de l’Association des médecins et dentistes du gouvernement (GMDOA), a averti que des procédures administratives lourdes compliquent les réparations et a évoqué un manque de communication sur l’état de la flotte.
Il préconise la création d’un service dédié et accrédité pour la gestion des dispositifs spécialisés, des exigences techniques strictes dans les appels d’offres et le retrait des véhicules coûteux afin d’éviter les pannes répétées.
Le Dr Dawood Oaris, président de l’Association des Cliniques Privées, a souligné que les établissements privés évitent des périodes d’immobilisation prolongées grâce à un suivi continu tout au long de l’année, à des prévisions d’utilisation précises, à des ingénieurs biomédicaux spécialisés dans des technologies spécifiques et à un modèle de location « Acheter et Entretenir » où les fournisseurs assurent la maintenance des équipements tout au long de leur durée de vie.