Une délégation du conseil d’administration des Villages SOS d’Enfants du Rwanda est actuellement à Maurice pour une visite d’apprentissage et d’échange qui se déroule du 15 septembre au 19 septembre.
Le programme en cours prévoit des échanges entre les deux entités, les institutions gouvernementales et divers partenaires, axés sur la protection de l’enfance, la collaboration entre l’État et les ONG, la législation relative à la protection de l’enfance et les partenariats avec le secteur privé.
Dans le cadre de la visite, un Atelier de formation à la gouvernance a eu lieu hier à l’hôtel Voilà Bagatelle, dirigé par Belidu Shengen, Conseiller mondial principal en gouvernance et leadership chez SOS Villages d’Enfants International.
Cette session visait à renforcer les capacités de gouvernance et de leadership des membres des deux conseils.
« Nous apprenons grâce à ce type d’apprentissage entre pairs, en échangeant des idées et des pratiques exemplaires », a expliqué Belidu Shengen, soulignant que l’initiative aide les organisations à accomplir leurs missions de manière plus efficace en matière de protection de l’enfance, de mise en œuvre des programmes et de renforcement des capacités du personnel.
Le partenariat met en évidence les différences structurelles entre les deux entités. Alors que SOS Villages d’Enfants Maurice est une entité indépendante et autonome qui œuvre depuis 35 ans avec le soutien de la Fondation nationale pour l’inclusion sociale et de donateurs institutionnels, SOS Rwanda est encore en phase de croissance et dépend fortement des subventions.
Par conséquent, le modèle mauricien de financement local et d’autonomie constitue un axe d’apprentissage clé pour la délégation en visite.
Par ailleurs, l’échange se réalise dans les deux sens. Belidu Shengen a souligné que le Rwanda apporte une expertise essentielle pour prévenir la dépendance à des structures d’accueil alternatives et soutenir les enfants privés de soins parentaux.
« Il y a deux volets : la prévention et les soins », a-t-il déclaré, en insistant sur la priorité de renforcer les familles afin de maintenir les enfants dans leur environnement familial lorsque cela est possible.
Opérant dans plus de 137 pays pour offrir des soins directs dans un cadre familial, SOS Villages d’Enfants mène aussi des campagnes auprès des gouvernements en faveur de mécanismes de protection de l’enfance basés sur les communautés, de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et des directives relatives aux soins alternatifs.
Ikbal Joonas, présidente des Villages SOS d’Enfants Maurice, a souligné les 35 années d’histoire de la section et sa étroite coopération avec le gouvernement — notamment par le financement et l’appui ministériel — tout en abordant les obstacles opérationnels émergents.
Selon Joonas, le profil des enfants orientés vers l’organisation par l’Unité de Développement de l’Enfant est entrain de changer, porté par des cas de dépendance à la drogue et d’abus au sein de la cellule familiale, ce qui alimente une demande croissante de psychologues cliniciens et de professionnels de la santé mentale.
« Sans le soutien du gouvernement et des donateurs, locaux comme internationaux, nous ne pourrions pas assurer nos engagements », a affirmé Ikbal Joonas, ajoutant que, bien que l’organisation ne puisse pas remplacer l’amour parental et les rôles familiaux, l’objectif ultime est de permettre aux enfants de grandir, de réussir et de construire leur avenir.