L’ancien Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth a appelé à la démission immédiate de l’actuel gouvernement, affirmant que « ce gouvernement doit partir » à la suite des réformes controversées du système de retraite dévoilées dans le Budget 2026/2027.
S’exprimant lors d’une conférence de presse au bâtiment Sun Trust à Port-Louis, mercredi 24 juin, le leader du Mouvement socialiste militant (MSM) a lancé une attaque virulente contre le plan économique du gouvernement, accusant les ministres d’encercler la population et de la tenir en otage par leurs décisions politiques.
« Réformes des retraites sans cœur »
Au cœur même de l’opposition farouche de M. Jugnauth se trouve l’état des soins destinés aux personnes âgées.
Il a vivement condamné les débats parlementaires en cours sur ce qu’il qualifie de l’une des « plus vastes réformes » du système de retraite, soutenant que les personnes âgées ont été essentiellement abandonnées.
« Je n’ai jamais touché à la pension des personnes âgées lorsque j’étais au pouvoir, même pendant les périodes difficiles, » a déclaré l’ancien Premier ministre à des journalistes.
« Il est clair que pour ce gouvernement, nos aïeux sont un fardeau. Ce gouvernement est sans cœur et sans cap. »
Dans un engagement explicite envers les électeurs, le leader du MSM a juré de ramener l’âge d’éligibilité à la pension de retraite à 60 ans, à l’instar du système antérieur, si son parti revenait au pouvoir.
Il a en outre annoncé son intention d’entreprendre une tournée nationale pour dialoguer directement avec le public.
« Amateurs budgétaires » et manipulation du déficit
Au-delà de la sécurité sociale, M. Jugnauth a adressé une critique sévère de la gestion financière du gouvernement, décrivant l’équipe gouvernementale comme des « amateurs » dirigés par des « novices » qui ont totalement perdu la confiance du public.
Le leader de l’opposition a ciblé plus particulièrement la façon dont les chiffres du budget étaient présentés.
Il a accusé le gouvernement de réduire artificiellement le déficit budgétaire affiché en intégrant de manière agressive 10 milliards de roupies de revenus anticipés issus de l’accord sur l’archipel des Chagos avec le Royaume-Uni.
Dépenses excessives et échecs électoraux
Le dirigeant du MSM a opposé le resserrement des prestations publiques à ce qu’il a identifié comme un extravagant état de dépenses, soulignant que les frais de déplacement des ministres ont dépassé 130 millions de roupies.
En revenant sur le mandat du gouvernement, M. Jugnauth a noté qu’il avait délibérément laissé à la nouvelle équipe le temps de s’imposer au cours de leurs deux premiers budgets.
Alors que l’opposition prodiguait un commentaire standard sur le premier budget, M. Jugnauth argua que ce second budget serait le banc d’essai pour vérifier si le programme électoral serait réellement mis en œuvre — obligation qu’il affirme que le gouvernement n’a pas respectée.
Exprimant une grande inquiétude quant à l’orientation du pays, M. Jugnauth conclut par une mise en garde émotive au public, déclarant que le gouvernement « boit le sang du peuple ».
« Chaque décision prise par ce gouvernement met la population en otage », a-t-il dit. « Le moment est venu de dire que ça suffit ! Ce gouvernement doit partir ! »