Cambriolages massifs de 60 logements NHDC provoquent une grave crise chez les acheteurs

6 juillet 2026

Un cambriolage majeur dans un projet de logements publics à La Réunion Maurel a laissé des acquéreurs potentiels dans l’embarras et mis en lumière une vague de criminalité organisée ciblant les chantiers de construction à travers le pays.

Un réseau criminel coordonné serait à l’origine des vols systématiques dans des lotissements achevés ou presque achevés, dépouillés de leurs éléments essentiels et de leur câblage.

La dernière attaque, intervenue le 17 juin — une semaine seulement avant la remise des clés initialement prévue le 24 juin — a visé environ 60 logements du programme Réunion Maurel, qui compte 216 maisons.

Les cambrioleurs ont franchi les dispositifs de sécurité du chantier pour dérober des éléments vitaux, notamment des huisseries intérieures, des cuvettes de toilettes, des robinetteries et d’autres installations.

Le promoteur du site, New Social Living Development Ltd (NSLD), a accepté la responsabilité des réparations et des remplacements nécessaires.

Des travaux de remise en état sont en cours, et les premières livraisons ont été repoussées jusqu’à la fin du mois de juillet.

« Payer un emprunt pour une maison dans laquelle je ne peux même pas vivre »

Ces retards exercent une pression financière sévère sur les bénéficiaires, bien souvent contraints de payer un loyer en parallèle des remboursements hypothécaires immédiats.

Françoise, candidate originaire de Cap-Malheureux à qui une propriété a été attribuée sur le site, a versé le montant total de Rs 975 000 à la National Housing Development Company (NHDC) le 25 mars 2026. Ses remboursements bancaires ont débuté quelques jours plus tard, le 30 mars.

Lors d’une interview sur l’émission Radio Plus Explik Ou Ka, elle a exprimé sa frustration face au manque de communication officielle, ayant découvert la raison du retard en écoutant l’émission :

« Je rembourse un prêt pour une maison dans laquelle je ne peux même pas vivre. »

Salmaan Khodabocus, chef de projet chez NSLD, a confirmé lors de l’émission que l’infrastructure de Réunion Maurel était entièrement terminée depuis décembre 2024.

Des opérations d’entretien routinier, comme la tonte des pelouses, avaient été planifiées juste avant la remise des clés afin d’éviter toute repousse.

Alors que 28 bénéficiaires ont déjà signé leurs contrats, le cambriolage a bouleversé tout l’échéancier de livraison.

M. Khodabocus a précisé que si NSLD prend en charge les réparations liées au vol, les aspects financiers et les paiements demeurent du ressort de la NHDC.

Pardon officiel du gouvernement et indemnisation financière

Le Ministère du Logement et des Terres a présenté ses excuses officielles aux familles touchées. Najette Toorab, représentant le ministère sur Explik Ou Ka, a confirmé que le ministre du Logement, Shakeel Mohamed, suit personnellement la situation afin d’accélérer les réparations.

Le ministre Mohamed a exprimé une position personnelle selon laquelle les bénéficiaires devraient être remboursés de leurs paiements hypothécaires mensuels jusqu’au jour où ils recevront leurs clés.

Toutefois, le ministère a précisé qu’il s’agit d’une opinion personnelle du ministre et que toute décision officielle relative à une compensation doit être approuvée officiellement par la NHDC.

Un syndicat à l’échelle nationale

Les autorités ont révélé que l’incident de Réunion Maurel s’inscrit dans un schéma plus large de vols organisés de grande valeur qui affectent les sites de NSLD depuis le début de l’année :

  • Terre-Rouge (St Joseph Road) : de multiples cambriolages visant environ 50 unités d’habitation, les voleurs emportant des câbles électriques. Les pertes totales sont estimées à plus de Rs 11 millions.
  • Ernest Florent : sur un site oriental, environ 14 400 mètres de câbles en cuivre électriques ont été dépouillés sur 24 maisons en construction, évalués à Rs 2,4 millions.
  • Goodlands : des cambrioleurs ont dépouillé 45 maisons presque achevées, volant robinetterie, mélangeurs, vannes et divers éléments sanitaires pour près de Rs 1 million.

Les enquêtes policières visant le réseau criminel présumé se poursuivent alors que les autorités s’efforcent de limiter les lourdes pertes financières qui frappent le secteur du logement public.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.