Les chauffeurs de taxi de Maurice avertissent que leurs moyens de subsistance sont gravement menacés à la suite d’une chute catastrophique de 50 % de leur activité, qu’ils attribuent à une concurrence déloyale et au manque de réglementations claires.
L’Association des propriétaires de taxis hôteliers du nord, aux côtés de représentants des secteurs aéroportuaire et portuaire, a tenu une conférence de presse d’urgence lundi 6 juillet, au St-George Hotel à Port-Louis, pour exiger une intervention gouvernementale immédiate et une réforme structurelle.
« Notre assiette de nourriture est en train de disparaître »
Vengidasamy Naick Ganeshen, président de l’Association des propriétaires de taxis hôteliers du nord — qui représente les chauffeurs desservant les hôtels, l’aéroport, le port et les villages locaux — a lancé un avertissement net sur la réalité financière à laquelle ses membres sont confrontés.
« Nous avons le sentiment que notre gagne-pain est en train de disparaître », a déclaré M. Ganeshen hier aux journalistes.
Les chauffeurs affirment que d’autres opérateurs de transport empiètent sur les territoires des taxis traditionnels, opérant selon des règles qu’ils jugent opaques et peu claires.
Les hubs aéroportuaires et portuaires sous tension
La crise se fait ressentir de manière aiguë dans les grands pôles de transit. Yougendranath Audit, président de l’Association des propriétaires de taxis d’aéroport, a révélé que l’afflux d’opérateurs illégaux et non licenciés (taxis marrons), combiné à des taxis de villages ruraux récupérant les passagers de l’aéroport, a décimé le commerce local.
« À l’aéroport, nous n’avons plus de travail », a déclaré M. Audit. « Notre activité a diminué de 50 %, et il en va de même au port. »
Une crise similaire a été signalée au port. Les conducteurs ont remarqué que lorsque les navires de croisière se posent, les transferts vers les hôtels et l’aéroport sont déjà entièrement prévoyés pour les passagers dès leur débarquement.
Ce système coordonné laisse les chauffeurs de taxi traditionnels du port pratiquement sans clients.
Demandes de réforme numérique
En réponse à ce recul, les associations appellent à des règles de jeu équitables et à une meilleure organisation du secteur afin d’assurer un accès au travail plus juste.
Elles pressent les autorités d’établir une plateforme officielle et transparente de fonctionnement en ligne, gérée par le Fonds de Bien-être des Opérateurs de Taxi.
Une nouvelle union nationale
Pour renforcer leur pouvoir de négociation, M. Ganeshen a annoncé la création d’une nouvelle plateforme ombrelle baptisée « Union Taxi de l’île ».
Le groupe est actuellement en cours de structuration afin de réunir tous les chauffeurs de taxi de l’île pour mieux défendre les intérêts de la profession et affronter les défis permanents du secteur.
La nouvelle union, encore émergente, affiche déjà une présence significative, avec une adhésion estimée entre 1 500 et 2 000 conducteurs à ce jour.