Chirurgien plasticien condamné après qu’une policière porte plainte pour agression sexuelle

8 juillet 2026

Un chirurgien plasticien de renom a été déclaré coupable d’avoir agressé une agente de police lors d’une consultation médicale privée, selon une décision rendue mardi 7 juillet 2026 par un tribunal mauricien.

Le Dr Nishan Moheeputh, âgé de 46 ans, avait plaidé non coupable à l’accusation de « tentative d’attentat à la pudeur ».

Cependant, le magistrat de la Cour intermédiaire, Jade Ngan Chai King, a déclaré le spécialiste coupable après avoir établi que l’accusation avait prouvé qu’il avait touché délibérément les seins de l’officier et l’avait embrassée sans son consentement.

La condamnation survient à un moment où le chirurgien fait l’objet d’un examen juridique croissant.

Il réside à Petit-Raffray et fait déjà l’objet de procédures distinctes devant la Cour suprême, où la mère d’un magistrat décédé conteste une suspension médicale de trois mois prononcée pour négligence grave.

Les preuves sur WhatsApp

En rendant le verdict, le magistrat Ngan Chai King a mis en lumière des échanges cruciaux sur WhatsApp entre l’officier de police et le médecin après les faits, qui se sont produits le 29 avril 2022.

Dans ces messages, la plaignante a explicitement accusé le Dr Moheeputh de l’avoir embrassée et d’avoir caressé ses seins, qualifiant son comportement d’« non professionnel » et « contraire à l’éthique ».

Le tribunal a noté que le Dr Moheeputh n’a pas contesté ces accusations dans ses réponses ; il aurait simplement demandé à l’officier de ne pas se fâcher et lui a proposé un nouveau traitement.

Le Magistrat a conclu que la plaignante restait « substantiellement cohérente sur les accusations essentielles portées contre l’accusé », rejetant la défense du médecin.

Le rendez-vous dégénère

La Cour a entendu que l’officière avait initialement pris contact avec la clinique privée après avoir vu une publicité sur Facebook pour un traitement de comblement des lèvres.

Selon son témoignage, avant le début de la procédure des lèvres, elle s’allongeait sur une chaise inclinable pour un hydrafacial offert.

Le Dr Moheeputh lui a demandé d’enlever le haut afin d’éviter qu’il ne soit mouillé — une demande qu’elle a refusée parce qu’elle se sentait mal à l’aise.

L’officière a soutenu que le médecin lui a ensuite appliqué de la crème sur les seins et l’a embrassée à plusieurs reprises.

Elle a témoigné qu’elle n’a pas quitté la pièce immédiatement, craignant d’être blessée ou défigurée pendant que le médecin manipulait une seringue et d’autres instruments médicaux.

À son retour chez elle, elle a informé sa famille et a ensuite remis son téléphone à la police afin d’extraire les échanges textuels.

La défense rejetée

Le Dr Moheeputh a nié toutes les accusations, soutenant que l’officier avait relevé volontairement son chemisier.

Il affirme que c’est la plaignante qui a initié le contact physique, évoqué les implants mammaires et pressé ses seins contre lui avant de l’embrasser.

Le tribunal a jugé que sa version des faits manquait de crédibilité, privilégiant le récit de la victime à la lumière des preuves textuelles.

L’accusation était conduite par le conseiller d’État principal, M. Damodarsingh Bissessur.

Affaire distincte devant la Cour suprême

Le verdict s’inscrit dans le cadre d’un combat juridique en cours devant la Cour suprême, initié par Nalini Biefun, mère de l’ancienne magistrate Varsha Biefun.

Mme Biefun conteste une sanction disciplinaire infligée au Dr Moheeputh par le Conseil médical, qui lui a infligé un « avertissement sévère » et une suspension de trois mois pour négligence médicale grave. La famille soutient que cette punition est trop clémente.

Le Dr Moheeputh avait pratiqué une liposuccion sur l’ancienne magistrate, qui est décédée le 23 juillet 2024. La cause du décès a ensuite été reconnue comme une septicaémie résultant d’une perforation de l’intestin.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.