Des procédures légales vont être engagées et un plan de réhabilitation obligatoire a été exigé à la suite du défrichement non autorisé de la végétation des dunes sablonneuses protégées à Riambel, ont confirmé les autorités.
Le problème, évoqué au Parlement lors de l’ajournement des travaux, a relancé un débat intense autour de la protection du littoral, des obligations juridiques liées aux pas géométriques (baux de terres côtières) et de la préservation de l’accès du public à la mer.
Intervention parlementaire
L’affaire a été portée à l’Assemblée nationale par Joanna Bérenger, députée du Front Militant Progressiste (FMP).
Mme Bérenger a souligné que la végétation des dunes joue un rôle crucial dans la liaison du sable et dans la protection des plages contre l’érosion littorale.
Elle a signalé que toute intervention dans une Zone Environmentalement Sensible (ZES) nécessite strictement une autorisation préalable en vertu de l’article 25 de la Loi sur l’environnement.
Selon la députée, aucune autorisation officielle n’a été accordée pour l’opération. L’affaire a été signalée à la police, et Mme Bérenger a exigé que les dommages environnementaux soient réparés, que les responsables soient tenus pour responsables et que les autorités assurent une communication claire, notant que des affaires similaires ont été signalées récemment à Belle-Mare et Mont-Choisy.
« Détenir un bail ne donne pas le droit de faire ce que l’on veut avec notre patrimoine naturel », a déclaré Mme Bérenger.
Réaction du gouvernement et poursuites
Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a confirmé qu’il est pleinement informé du dossier Riambel, déclarant que l’auteur des faits a déjà été « mis en justice » et fera l’objet de poursuites.
Le ministre du Logement et des Terres Shakeel Mohamed a indiqué qu’une visite officielle du site avait déjà eu lieu.
Il a entamé des discussions avec le cabinet du Procureur général afin de clarifier le cadre juridique régissant les pas géométriques par le biais de nouvelles réglementations.
Le ministre Mohamed a également rappelé que le bail en question a été accordé avant les dernières élections générales.
Échelle des dommages environnementaux
Une inspection du site impliquant plusieurs agences, menée jeudi 9 juillet, a réuni de nombreux organes, notamment :
- Le ministère de l’Environnement (via son département de Gestion Intégrée de la Zone Côtière)
- La Police environnementale
- Le ministère du Logement et des Terres
- Les Services forestiers
- Le Département des Pêches
- L’Administration de la plage
- Le Conseil du district Savanne
La délégation comprenait également l’honorable Jugurnauth (député de la circonscription n°14), des conseillers de district et un représentant des pêcheurs locaux.
L’inspection a révélé qu’une zone d’environ 20 mètres sur 40 mètres avait été dégagée directement devant un bungalow.
Plusieurs espèces végétales, notamment le herbe bourik, le batatran et le veloutier, ont été déracinées.
Bien que la plage elle-même n’ait pas été touchée, et qu’aucun signe immédiat d’érosion ou de changement topographique du site n’ait été observé, la végétation dégagée et le sable déplacé ont été laissés sur le site.
Constats d’atténuation et obligations liées au bail
Les explications recueillies sur place indiquent que le dégagement a été initié pour débarrasser la zone des détritus, des seringues et des bouteilles en verre qui constituaient un danger pour la sécurité.
Il a été avancé que l’objectif était simplement de mettre en valeur le terrain, sans intention d’ériger des structures.
Le Conseil du district Savanne a confirmé que le bungalow existant a été construit en tout point conformément à son Permis de Construction et d’Utilisation du Sol (BLUP).
Cependant, le ministère du Logement et des Terres a réaffirmé que le bail contient une condition stricte prévoyant la préservation du chemin existant utilisé par les pêcheurs et le public en général.
Les locataires ont également l’obligation légale de maintenir le site propre et il leur est strictement interdit d’y déverser des déchets.
Par ailleurs, les Services forestiers ont indiqué qu’en vertu de l’article 14 de la Loi sur les Forêts et les Réserves, une autorisation préalable aurait dû être obtenue avant tout dégagement.
Le Département des Pêches a réaffirmé que le passage utilisé par les pêcheurs pour accéder à la lagune doit rester totalement dégagé.
À la suite des demandes du représentant des pêcheurs, des assurances officielles ont été données que l’accès public et l’accès à la pêche resteront libres.
Étapes suivantes et réhabilitation
Pour l’avenir, le ministère du Logement et des Terres prendra les mesures nécessaires pour faire respecter la condition du bail relative à la préservation du chemin public.
Parallèlement, les Services forestiers engageront des mesures juridiques pour les infractions contre la Loi sur les Forêts et les Réserves.
Un plan formel de réhabilitation doit désormais être soumis par la partie responsable. La restauration écologique du site sera réalisée en collaboration avec les pêcheurs locaux, en utilisant notamment le sable déplacé qui est actuellement stocké sur la propriété.