L’île Maurice est confrontée à un précipice économique à long terme, selon Ali Mansoor, ancien secrétaire financier et économiste, du fait de déficits commerciaux structurels et d’un système de gouvernance trop centralisé.
Lors d’un point sur les perspectives économiques du pays, M. Mansoor a averti que la menace fondamentale réside dans la capacité nationale à générer des recettes suffisantes pour financer les importations essentielles.
Sans une croissance économique plus soutenue et des exportations plus élevées, l’île risque de devenir de plus en plus dépendante du financement par emprunt et, à terme, de voir ses réserves s’épuiser.
Bien que la réputation internationale actuelle et les réserves offrent une courte marge de manœuvre, il a averti que ne pas prendre les décisions nécessaires dès aujourd’hui reviendrait à être égoïste envers les générations futures.
La volatilité des prix du pétrole constitue un facteur de risque aggravant pour cette vulnérabilité structurelle. Étant donné que l’île dépend fortement des importations d’énergie, toute flambée du pétrole brut à 100 dollars le baril ou plus fait exploser la facture d’importation.
Au-delà des pressions financières immédiates, les interruptions d’approvisionnement à l’échelle mondiale constituent un risque extrême pour la sécurité nationale.
M. Mansoor a souligné que l’accélération de la production locale d’énergies renouvelables est cruciale non seulement pour réduire les coûts, mais aussi pour protéger le pays des incertitudes internationales, notant que l’île Maurice demeure largement à la traîne malgré des avancées notables.
Une réforme institutionnelle et une décentralisation s’imposent de toute urgence pour accélérer ces transitions vertes et le suivi des performances. M. Mansoor a souligné que l’enjeu central réside dans l’architecture de la gouvernance plutôt que dans des personnalités ou administrations spécifiques.
Dans un paysage mondial en mouvement rapide, l’appareil étatique hyper-centralisé actuel doit céder la place à un modèle de prise de décision décentralisé, fondé sur une responsabilisation stricte, où les choix défaillants peuvent être corrigés rapidement.
À l’horizon immédiat jusqu’à fin 2026, aucune perturbation majeure à court terme n’est attendue au cours des trois prochains mois, sauf à être surpris par des chocs géopolitiques imprévus au Moyen-Orient.
Cependant, l’économiste a souligné que le véritable horizon s’étend sur les 10 à 15 prochaines années.
Parce qu’une crise immédiate n’est pas encore imminente, les autorités disposent d’une fenêtre cruciale pour mettre en œuvre des réformes structurelles sans engendrer de coûts sociaux importants.