Le Central Electricity Board (CEB) a relancé la procédure d’appel d’offres pour la construction de deux réservoirs de fioul lourd à la centrale Saint-Louis, située à Plaine-Lauzun, quatre ans après l’échec d’une précédente tentative de passation. Le projet vise à ajouter 8 000 m³ de capacité de stockage via deux cuves de 4 000 m³ chacune, bien qu’aucune estimation publique actualisée des coûts n’ait été fournie, tandis que le fournisseur d’électricité enregistre des pertes financières.
Publié le 19 août sous la référence CPB/11/2026, le marché porte sur la conception, la construction, les essais et la mise en service des deux installations.
Une séance de pré-offres et une visite du site sont prévues le 31 août à 10 h, les soumissions devant être déposées au plus tard le 22 septembre à 13 h 30.
L’absence d’une estimation de coûts actualisée survient alors que le CEB traverse une grave tension financière. Le conseil d’administration a enregistré une perte nette de Rs 4,88 milliards pour l’exercice financier 2022/23, le dernier résultat annuel audité publié.
Des révélations parlementaires ont en outre fait état d’une dette totale de Rs 7,3 milliards, ainsi que d’un découvert bancaire atteignant Rs 2,6 milliards au 30 avril 2026.
Coûts en hausse et appels d’offres antérieurs
Le coût prévisionnel du projet avait déjà augmenté avant sa première série d’appels d’offres :
- PSIP 2021/22–2025/26 : Évaluation initiale de Rs 99 millions.
- PSIP 2022/23–2024/25 : Augmenté de 8,1 % (Rs 8 millions) pour atteindre Rs 107 millions.
- Dépense cumulée : Rs 1,58 million dépensée à fin juin 2021 pour des travaux préparatoires non précisés.
Lors de l’appel d’offres initial de 2022 (CPB/29/2022), les deux offres soumises dépassaient largement les attentes officielles :
- Maxworks Limited : a proposé environ Rs 155,68 millions (45,5 % au-dessus de l’estimation de Rs 107 millions).
- Forges Tardieu Ltd : a proposé environ Rs 192,49 millions (79,9 % au-dessus de l’estimation).
Le projet initial n’a jamais été porté à la phase de construction.
Capacité et débats sur la transition énergétique
En 2022, Saint-Louis disposait d’une capacité de stockage de 2 485 m³ — soit une autonomie opérationnelle sur trois à quatre jours — tout en fournissant environ 10 % de la demande d’électricité nationale. L’ajout des deux cuves de 4 000 m³ portera la capacité de stockage totale à 10 485 m³.
La décision d’étendre l’infrastructure à combustibles fossiles a déjà suscité des remontrances. En octobre 2022, l’ancien président du CEB et député travailliste, Patrick Assirvaden, avait remis en cause la logique de la construction de réservoirs de pétrole au regard des engagements renouvelables pris lors de la COP26.
Aujourd’hui ministre de l’Énergie et des Services publics, Assirvaden supervise l’objectif gouvernemental d’atteindre une part d’énergies renouvelables de 60 % d’ici 2035. Dans le cadre de sa stratégie « reset énergétique », les plans prévoient d’ajouter 277,5 MW de capacité renouvelable via l’énergie solaire et le stockage par batteries.
Retards du calendrier des appels d’offres
Malgré cet élan vers les énergies vertes, le projet est resté dans le plan d’approvisionnement 2025–2026 du CEB, répertorié comme « Design, Construction, Testing and Commissioning of Two 4 000 m³ Heavy Fuel Oil Tanks at St Louis Power Station ».
Le calendrier des achats a connu plusieurs reports :
- Cible initiale : prévue pour août-septembre 2025.
- Calendrier révisé (6 janvier 2026) : repoussé à février 2026.
- Publication officielle : publiée le 19 août 2026.
De nombreuses demandes de commentaires soumises au CEB concernant le projet sont restées sans réponse.