Le crédit bancaire accordé aux entités d’entreprise a enregistré un taux de croissance annuel robuste de 10,8% en décembre 2025, selon le dernier Rapport sur la stabilité financière publié par la Banque de Maurice.
La forte expansion du crédit a soutenu l’activité économique au cours de la seconde moitié de 2025, portée par des performances d’entreprises résilientes et par des conditions de financement favorables qui ont contribué à contenir les vulnérabilités financières globales.
Croissance du crédit et moteurs sectoriels
Le rythme de croissance de décembre a égalé l’allure soutenue enregistrée en juin 2025. Cette progression s’inscrit dans le cadre d’une expansion plus générale du crédit du secteur privé, qui a augmenté de 11,4% en glissement annuel à la fin de 2025, reflétant une demande de financement soutenue tant des entreprises que des ménages.
Le financement bancaire s’est accru dans plusieurs secteurs clés afin de soutenir l’investissement, les besoins opérationnels et le développement des entreprises :
- Fabrication
- Activités professionnelles, scientifiques et techniques
- Construction
Dette des entreprises et structure du portefeuille
Malgré l’augmentation des emprunts, l’endettement des entreprises est resté gérable au cours de la deuxième moitié de 2025.
Le ratio de la dette des entreprises par rapport au Produit intérieur brut (PIB) est resté en dessous de sa moyenne historique, démontrant la capacité générale du secteur à soutenir ses niveaux d’endettement.
Les prêts bancaires traditionnels représentaient 84,2% du total des portefeuilles de crédit des entreprises en décembre 2025, tandis que les 15,8% restants correspondaient à des investissements bancaires dans des titres de créance d’entreprises.
Cette part élevée de prêts directs limite l’exposition des banques aux risques d’évaluation et de liquidité liés aux instruments négociés sur les marchés.
Risques émergents et vulnérabilités sectorielles
Sous la stabilité globale, des disparités sectorielles marquées ont émergé. La qualité des actifs s’est détériorée au sein du segment immobilier — plus particulièrement dans la construction et les activités immobilières — créant des poches de fragilité et constituant un point de vigilance clé pour les prêteurs.
Cependant, les banques conservent des buffers importants de capital et de liquidité capables d’absorber les pertes potentielles, ce qui a amené le rapport à conclure que les vulnérabilités des entreprises restent bien contenues.
À l’avenir, la Banque de Maurice a signalé des risques à venir provenant de l’intensification des tensions géopolitiques et d’une incertitude mondiale accrue, qui pourraient peser sur la performance des entreprises, en particulier celles exposées aux marchés extérieurs.
Accélération du crédit en devises étrangères
La demande de prêts d’entreprises libellés en devises étrangères s’est renforcée au cours de la seconde moitié de 2025. La croissance interannuelle des facilités en devises étrangères a atteint 9,8% en décembre, contre 8,7% en juin.
Portée en grande partie par les secteurs de la fabrication, de la construction et de l’agriculture, de l’exploitation forestière et de la pêche, cette hausse reflétait principalement des besoins de financement liés aux importations.