La sécurité routière à Maurice continue de se dégrader fortement, avec une hausse des accidents mortels de 22,5 % au 30 octobre. Selon les statistiques officielles, au moins 125 personnes ont perdu la vie sur les routes mauriciennes jusqu’à présent cette année, contre 102 à la même période l’an dernier.
Avec encore deux mois à couvrir dans l’année, le bilan provisoire de 2026 dépasse déjà le total des 124 décès enregistrés sur l’ensemble de 2025, d’un seul homme ou d’une seule femme.
Au cours des dix premiers mois de l’année, le pays a enregistré 122 accidents mortels, soit une hausse de 27,1 % par rapport aux 96 accidents mortels enregistrés à la même date en 2025.
En moyenne, environ une personne perd désormais la vie sur les routes mauriciennes tous les deux jours et demi.
Les 122 accidents mortels enregistrés depuis janvier dépassent également le total de toute l’année 2025 (116 accidents mortels) de six incidents.
Les usagers vulnérables de la route subissent le poids le plus lourd
Les piétons et les motards demeurent parmi les groupes les plus exposés, représentant collectivement plus de sept décès sur dix (89 sur les 125 décès totaux).
- Piétons : les décès ont bondi de 57,7 %, passant de 26 à 41 victimes. Les piétons représentent désormais près d’un tiers (32,8 %) de l’ensemble des morts sur les routes. Les chiffres soulignent une nécessité urgente d’examiner les conditions de traversée, la qualité des trottoirs, la visibilité des passages piétons, l’éclairage public et le comportement des conducteurs, particulièrement dans les zones densément bâties, près des axes fréquentés et dans les espaces partagés.
- Motocyclistes : les décès ont augmenté de 23,1 % (de 39 à 48 — neuf victimes supplémentaires), représentant 38,4 % du total des décès.
- Passagers : les décès dans ce groupe ont augmenté de 40 %, passant de 10 à 14 décès.
À l’inverse, plusieurs catégories d’usagers ont enregistré des baisses encourageantes, bien que cela reste insuffisant pour inverser la tendance globale. Les décès des conducteurs ont diminué de 15 % (de 20 à 17).
Les décès de cyclistes ont chuté de 50 % (de deux à un), tandis que les décès de passagers arrière sur moto ont reculé de 25 % (de 4 à 3).
Selon les experts, ces chiffres modestes nécessitent une interprétation prudente en raison de la petite taille des échantillons et de l’absence de données concernant le nombre total de véhicules, les distances parcourues ou les circonstances des accidents.
Les heures de l’après-midi deviennent la tranche la plus meurtrière
Une analyse des créneaux horaires révèle une flambée marquée durant les heures précoces de l’après-midi :
- 12h01 à 18h00 : les accidents mortels ont littéralement doublé, passant de 21 en 2025 à 42 en 2026. Cette plage représente désormais 34,4 % de l’ensemble des accidents mortels cette année, en faisant la tranche la plus meurtrière et en dépassant les heures du soir.
- 18h01 à minuit : demeurée élevée, augmentant de 13,8 %, passant de 29 à 33 accidents mortels.
- Minuit à 6h00 : augmentation de 23,1 %, passant de 13 à 16 accidents mortels.
- 6h01 à 12h00 : enregistrant la seule amélioration, avec une baisse de 6,1 % de 33 à 31 accidents mortels.
Si les données suggèrent la nécessité d’examiner les schémas de déplacement de l’après-midi, les trajets scolaires, le trafic commercial et les conditions de pointe, les statistiques disponibles n’isole pas les causes sous-jacentes précises.
Lourde épreuve chez les personnes âgées et les jeunes
Les données liées à l’âge mettent en évidence des hausses significatives dans plusieurs tranches démographiques, notamment chez les seniors :
- Seniors (60 et plus) : les décès sont passés de 40 à 48 (+8 victimes), représentant 38,4 % de l’ensemble des morts sur la route et suscitant des inquiétudes quant à des infrastructures adaptées à une population vieillissante.
- Âges 51 à 59 : les décès ont été multipliés par trois, passant de 5 à 15 (+200 %).
- Jeunes (16 à 25 ans) : les décès ont augmenté de 31,3 %, passant de 16 à 21.
- Enfants/adolescents (15 ans et moins) : augmentation de 1 à 4 décès (+300 %).
- Âges 26 à 50 : montrent la seule diminution dans les statistiques par tranche d’âge, passant de 40 à 37 décès (+7,5 %), tout en restant une part significative des décès totaux.
La grande majorité des victimes étaient des hommes, qui comptaient pour 80,8 % (101 décès) contre 19,2 % pour les femmes (24 décès). Notamment, tous les 48 motocyclistes tués étaient des hommes, tout comme 16 des 17 conducteurs tués.
Les décès de piétons comportaient 26 hommes et 15 femmes, tandis que les décès de passagers étaient répartis équitablement avec sept hommes et sept femmes. Le rapport a également signalé le décès d’un ressortissant étranger.
Statistiques d’implication des véhicules
Au total, 177 véhicules ont été impliqués dans des accidents mortels cette année, contre 163 pour la même période en 2025 (à noter que certains accidents peuvent impliquer plusieurs véhicules et que les données ne permettent pas d’établir la responsabilité des conducteurs) :
| Catégorie de véhicule | Impliqués en 2025 | Impliqués en 2026 | Tendance / Évolution |
| Voitures particulières | 55 | 62 | 🔴▲ |
| Motos | 39 | 53 | 🔴▲▲ |
| Bus | 10 | 17 | 🔴▲ |
| Véhicules de marchandises | 15 | 10 | 🟢▼ |
| Fourgonnettes | 23 | 22 | 🟢▼ |
| Véhicules de type A/C | 10 | 8 | 🟢▼ |
| Cycles | 3 | 0 | 🟢▼ |
| Vélos électriques | 3 | 2 | 🟢▼ |
| Véhicules gouvernementaux | 2 | 0 | 🟢▼ |
Chiffres clés en un coup d’œil
- Total des morts sur les routes (au 30 oct.): 125 (contre 102 en 2025; +22,5 %)
- Total des accidents mortels : 122 (contre 96 en 2025; +27,1 %)
- Décès de piétons : 41 (contre 26 en 2025; +57,7 %)
- Décès de conducteurs : 17 (contre 20 en 2025; -15 %)