Le personnel académique de l’Institut mauricien d’éducation (MIE) a soumis une requête officielle visant à faire procéder à une vérification du curriculum vitae et à une accélération de la promotion de 2018 pour une chargée de cours senior, en raison des inquiétudes entourant ses prétendues références universitaires canadiennes.
Le mémorandum confidentiel, remis à la direction de l’Institut le 4 août par « un groupe de membres du corps académique préoccupés, de bonne foi et sans préjudice », invite les responsables à prendre des contacts formels avec des établissements canadiens.
Selon des recherches en ligne méticuleuses menées par ses collègues — qui ont scruté les listes exhaustives du personnel dans les universités canadiennes où elle aurait travaillé — aucun dossier ne portait son nom.
La controverse a éclaté il y a environ cinq mois lorsque la chargée de cours senior a été choisie pour superviser des doctorants. Étonnés par cette décision, considérant que des candidats potentiellement plus qualifiés existaient, les collègues ont été informés qu’elle détenait un CV jugé « exceptionnel ».
Des enquêtes subséquentes menées par des pairs sceptiques sur son parcours à l’étranger et sur ses publications académiques en tant que « chargée de cours senior » au Canada ont donné peu de traces, ce qui a suscité un nouvel examen de sa nomination initiale.
Les questions entourant ses diplômes remontent initialement à sa promotion de 2018. Selon le schéma de service applicable du MIE, cinq années de service étaient requises pour être éligible au poste de chargé de cours senior; toutefois, elle n’avait effectué qu’environ deux ans au sein de l’institution.
Pour justifier cette nomination accélérée, son expérience antérieure a été prise en compte. Dans une affidavit de 2019 — déposée à la suite de plaintes d’un autre membre du personnel académique qui se sentait lésé quant à l’ancienneté — le Registrar l’a présentée comme ayant dix ans d’expérience au rang de chargé de cours senior dans des universités canadiennes, y compris l’Université de l’Alberta et l’Université de la Colombie-Britannique.
Les membres du personnel déposant le mémorandum ont explicitement déclaré qu’ils n’accusaient pas de fausses déclarations ni de fraude, mais demandaient plutôt que les informations soient vérifiées officiellement à leur source.
Lorsqu’elle a été contactée, Mila Devi Sewruttun-Dosieah, directrice du MIE, a nié avoir reçu la documentation. « Je n’ai jamais reçu de lettre à ce sujet. Je n’en ai aucune connaissance », a-t-elle déclaré.
Le recrutement de la chargée de cours senior a eu lieu en 2018, et cette année‑là je n’étais pas en poste, a-t-elle indiqué, avant de refuser de commenter davantage. Toutefois, le registre du secrétaire exécutif confirme que la lettre a été reçue et enregistrée officiellement le 4 août.