Les finances du secteur public se sont nettement détériorées au cours de l’exercice financier 2024–2025, le déficit des finances publiques générales s’étant élargi de manière significative, passant de Rs 56,2 milliards à Rs 76,1 milliards, selon les chiffres publiés par Statistics Mauritius.
Le déficit qui s’élargit représente désormais 10,6 % du Produit intérieur brut (PIB) — qui mesure la valeur totale des biens et services produits dans le pays — contre 8,5 % enregistré au cours de l’exercice financier précédent.
Les chiffres sont présentés sur une base consolidée, ce qui signifie que les comptes du secteur public général sont regroupés et que les transactions internes sont éliminées afin d’éviter les doubles comptages.
Statistics Mauritius a relevé que les dépenses publiques totales ont augmenté de 20,5 %, dépassant substantiellement la hausse des recettes de 15,7 %.
Malgré cette hausse des recettes, le décalage croissant entre les postes de recettes et les dépenses a entraîné un déficit plus important. Les taxes et les droits ont contribué à près de 83 % de la croissance des recettes, tandis que les dépenses courantes majeures comprenaient des prestations sociales et la rémunération du personnel.
Les autorités soulignent que le déficit global reflète non seulement les opérations courantes mais aussi les investissements dans des actifs non financiers tels que les bâtiments et les équipements.
Parallèlement au déficit annuel, la dette du secteur public a progressé pour atteindre Rs 570,5 milliards à la fin juin 2025, contre Rs 491,9 milliards l’année précédente.
Des données du ministère des Finances, relayées par Statistics Mauritius, indiquent que la dette totale s’est accrue de 16 %, portant le ratio dette sur PIB à 79,6 % contre 74 % auparavant.
Les experts établissent une distinction nette entre ces deux indicateurs budgétaires : le déficit suit le déséquilibre des comptes sur une période financière donnée, alors que la dette représente le stock total des obligations impayées à une date donnée.
Parmi ces totaux, les paiements d’intérêts sur la dette à eux seuls ont atteint Rs 19,1 milliards, soit 7 % des dépenses totales — ce qui signifie qu’environ 7 Rs sur chaque 100 Rs dépensés vont uniquement au service de la dette, hors le remboursement du principal emprunté.