Droit sur le sucre mauricien : les prix des confiseries pourraient augmenter de 245%

22 août 2026

Des plans visant à étendre les droits d’accise aux friandises sucrées ont été mis en suspens à la suite d’une initiative du ministre de l’Industrie, Aadil Ameer Meea.

L’extension de la taxe sur le sucre à la confiserie, biscuits, confitures, gaufres, wafers, gelées de fruits et chewing-gums ne sera pas mise en œuvre immédiatement.

Au lieu de cela, les catégories nouvellement répertoriées nécessiteront une proclamation formelle avant leur entrée en vigueur, qui ne se produira qu’après une période de consultation et une nouvelle évaluation par le Cabinet.

Cette mesure apporte un répit temporaire tant aux consommateurs qu’aux fabricants locaux. D’après les estimations de l’industrie relayées par la presse, la taxe aurait entraîné des hausses de prix comprises entre Rs 4 et Rs 61 en fonction de la composition et de l’emballage des produits — soit des augmentations allant de 40 % à 245 % pour certains articles.

Pendant ce temps, les producteurs avaient exprimé de vives inquiétudes face à la baisse des ventes, à la réduction des volumes de production, à des arrêts de ligne et à d’éventuelles pertes d’emplois.

Annoncée dans le Budget 2026-2027, la mesure globale comprend deux volets distincts :

  • Éléments déjà taxés : La taxe d’accise sur la teneur en sucre des produits déjà soumis à l’impôt passe de 12 à 15 sous par gramme.
  • Nouvelles catégories de produits : Une toute nouvelle taxation calculée sur la teneur totale en sucre introduite pour des articles autrefois exonérés, notamment les sucreries, les gelées de fruits, les confitures, les fruits confits ou cristallisés, les biscuits sucrés, les gaufres, les wafers et les chewing-gums.

Nouvelle Commission de Consultation Établie

Afin de s’assurer que les fabricants ne se trouvent pas face à un fait accompli, le Cabinet a approuvé la création d’un comité spécial présidé par M. Meea.

Le panel réunira des représentants des ministères de la Santé, du Commerce et des Finances, aux côtés de la Mauritius Revenue Authority, de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry, et d’autres parties prenantes concernées.

Le comité est chargé d’évaluer :

  • La liste précise des produits affectés.
  • Le seuil de sucre à partir duquel la taxation s’applique.
  • Les taux d’imposition applicables et les mécanismes opérationnels globaux.
  • Les répercussions sur les coûts, les prix de détail, la compétitivité, la production et l’emploi.

Les conclusions du comité seront présentées au Cabinet afin de décider si — et dans quelles conditions — la proclamation doit être poursuivie.

Bien que l’extension de la taxe n’ait pas été abandonnée, son avenir reste strictement conditionné par le résultat de la consultation.

Soutien répandu de l’industrie

La décision de suspendre la mise en œuvre a été chaleureusement accueillie par des associations professionnelles locales, dont la GESTE Société Coopérative Polyvalente Ltée.

Dans une lettre adressée au ministère, la coopérative a exprimé sa gratitude au ministre Meea, qualifiant la consultation de « une bouée de sauvetage vitale » pour les PME et les coopératives locales.

Le groupe a noté que les petits producteurs font déjà face à la hausse des coûts des matières premières, à des goulets d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement et à des exigences de conformité strictes.

L’élaboration de recettes visant à réduire la teneur en sucre implique des dépenses importantes, notamment des tests de produits, des analyses nutritionnelles et de nouvelles certifications.

Bien que les entreprises locales soutiennent les objectifs de santé publique visant à réduire une consommation excessive de sucre, elles exhortent le gouvernement à adopter un mécanisme qui reflète les réalités économiques auxquelles font face les entreprises mauriciennes.

La politique défendue par M. Meea vise à trouver un équilibre entre la protection de la santé des consommateurs et la préservation des entreprises qui stimulent l’investissement et l’emploi sur l’île entière.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.