Flic-en-Flac : le contournement coupe 100 arbres historiques malgré le tollé du public

18 juillet 2026

La construction de la nouvelle extension du contournement de Flic-en-Flac est dans sa phase finale et sera achevée d’ici la fin de l’année, malgré une controverse croissante sur les questions environnementales et sociales, a annoncé le ministre national des Infrastructures, Ajay Gunness, jeudi 16 juillet.

Lors d’une visite sur le chantier, M. Gunness a révélé que la route d’accès, d’un coût de Rs 160 millions, est entièrement financée par les économies réalisées sur l’ensemble du projet de liaison La-Vigie/La-Brasserie.

« Autrement dit, nous n’avons dépensé aucune roupie de plus pour mener à bien ce projet », a déclaré le ministre.

Le projet relie Cascavelle à l’avenue Kestrel et à l’hôtel Manisha, en serpentant à travers des dizaines d’hectares de forêts et de réserves naturelles.

Il se connectera directement au vaste projet de liaison La-Vigie/La-Brasserie/Beaux-Songes/Cascavelle/Flic-en-Flac, et devrait permettre de réduire significativement les embouteillages lors des heures de pointe dans cette région de l’île.

Forte contestation locale et environnementale

Cependant, le développement a suscité de vives critiques en raison de son empreinte environnementale et sociale considérable.

La construction a nécessité l’abattage d’environ 100 arbres, dont beaucoup avaient cent ans ou plus.

La controverse a été envenimée par le rapport du National Audit Office (NAO) 2024/25, présenté en février 2026.

Le rapport a formulé des observations critiques à l’encontre du projet, mettant en évidence notamment la proximité de la nouvelle route par rapport aux zones résidentielles déjà établies.

Selon le rapport du NAO, l’emplacement initial de l’itinéraire a dû être modifié en raison de contraintes techniques, notamment des défis du terrain et la nécessité d’éviter certaines zones marécageuses.

Alors que ces ajustements résolvaient les problèmes d’ingénierie, ils ont involontairement rapproché la route à grande vitesse des habitations existantes le long de Dahlia Avenue, ainsi que des lotissements Safeland et Palmyre.

Préoccupations liées à la sécurité et à la qualité de vie

Le Bureau national d’audit a exprimé de graves préoccupations concernant la proximité avec les résidents locaux, en notant que :

  • Zones tampons insuffisantes : La zone tampon entre la route à grande vitesse et les clôtures des propriétés privées est jugée insuffisante dans plusieurs tronçons.
  • Manque de budget d’atténuation : Des mesures cruciales de réduction du bruit, telles que des murs acoustiques ou des écrans végétalisés, n’étaient ni clairement définies ni budgétées dans le plan révisé.

Le NAO a averti que ces omissions posent un risque direct sur la qualité de vie des résidents voisins.

Réaction du gouvernement et expansion future

En réponse aux critiques environnementales, M. Gunness a assuré lors de sa visite sur site que des arbres et des espaces verts seraient plantés et développés le long de l’itinéraire afin d’en compenser l’impact.

À l’avenir, le ministre a également annoncé qu’un protocole d’accord (MoU) pourrait être signé prochainement avec le groupe Medine.

Cet accord viserait à acquérir des terrains supplémentaires pour étendre la route davantage vers Wolmar et l’hôtel Tamarina.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.