Île Maurice teste la récolteuse La Réunion pour 200 000 tonnes de canne à sucre des petits exploitants

15 août 2026

L’île Maurice a lancé une formation pratique sur la moissonneuse-batteuse à canne « Koupez Pei », une technologie spécialisée importée de La Réunion, dans le but de contrer une grave pénurie de main-d’œuvre et de sauver la production en déclin du secteur de la canne à sucre des petits exploitants.

La session de formation pratique a été organisée par le Centre international du commerce (ITC) en collaboration avec le Centre africain d’excellence en logistique (CEAL) et les Services des planteurs d’Alteo Milling Ltd.

Le financement est assuré par le Programme UE-ACP « Business Friendly », financé par l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS).

Les participants comprennent des opérateurs issus d’associations de petits planteurs, des entreprises privées, l’Autorité de l’industrie cannière mauricienne (MCIA) et ses départements, ainsi que de grands planteurs intéressés par l’utilisation de la machine pour des parcelles encore récoltées manuellement en raison de diverses contraintes.

L’initiative vise à évaluer les performances de la machine dans les conditions mauriciennes afin de réduire la dépendance à la main-d’œuvre manuelle, d’améliorer le rendement par hectare et de diminuer les coûts élevés de la récolte et du chargement.

Declining Output and Smallholder Challenges

Selon Jean Claude Autrey, augmenter la productivité et le volume total de production est essentiel pour maintenir la viabilité de l’industrie de la canne.

Il a souligné une chute spectaculaire de la contribution des petits planteurs à la production nationale :

  • Il y a six ans : les petits planteurs représentaient 19 % de la production nationale.
  • Aujourd’hui : les petits planteurs ne représentent plus que 11 % (soit environ 200 000 tonnes de canne).

Cette diminution résulte d’un désintérêt croissant des petits planteurs, de l’abandon des terres, d’une grave pénurie de main-d’œuvre et des coûts opérationnels élevés pour la récolte et le chargement.

Technology and Performance Benchmark: La Réunion vs. Mauritius

Contrairement aux grandes machines de récolte qui exigent des parcelles vastes et spécialement configurées, le « Koupez Pei » développé à La Réunion est conçu spécifiquement pour les contraintes foncières à petite échelle.

Pour mener la formation, l’ITC a fait appel à une société spécialisée de La Réunion, où environ 200 unités « Koupez Pei » sont actuellement opérationnelles — récoltant près de 340 000 tonnes de canne, soit environ un quart du rendement total de l’île.

Metric / Landmark La Réunion Benchmark Target for Mauritius Viability
Experienced Daily Harvest Up to 90 tonnes / day 50 tonnes / day
Active Equipment Units ~200 operational units Under evaluation phase
Annual Harvested Volume ~340,000 tonnes (~25% of total) Total smallholder target: ~200,000 tonnes

Autrey a souligné que même si les opérateurs locaux atteignaient 50 tonnes par jour par rapport au pic de 90 tonnes observé à La Réunion, la viabilité financière et opérationnelle de l’équipement sera démontrée.

Broader Project Scope

La formation s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large financé par les Nations Unies (via l’ITC à Genève) et une initiative financée par l’UE (via le Secrétariat de l’OACPS à Bruxelles) conçus pour :

  • Créer une valeur ajoutée plus élevée tout au long de la chaîne de valeur de la canne.
  • Augmenter la production globale de sucre et de canne.
  • Améliorer les stratégies de marketing international du sucre.
  • Favoriser la croissance de l’industrie locale du rhum.

Le développement des compétences des opérateurs locaux représente la première étape vers une adoption plus large.

En fin de compte, les partenaires du projet visent à déterminer si l’extension de cette technologie peut freiner l’abandon des terres, retenir les petits planteurs dans le secteur et mettre fin à la diminution de leur contribution au niveau national.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.