Île Maurice derrière 39 ports africains dans l’indice mondial d’efficacité du transport maritime

25 juillet 2026

La porte d’entrée maritime principale de l’île Maurice a connu une régression marquée face à ses voisins régionaux de l’océan Indien, se classant à une 369e place sur 405 installations mondiales dans l’indice de performance des ports à conteneurs CPPI 2025 établi par la Banque mondiale.

La sixième édition de l’indice international confirme des difficultés structurelles persistantes pour Port Louis, qui n’a enregistré qu’une légère progression de seulement trois places par rapport à l’édition 2023.

Sur le continent africain, le port mauricien occupe la 40e place sur 54 installations évaluées, loin devant ses concurrentes régionales telles que Toamasina à Madagascar (225e au plan mondial), Port Victoria aux Seychelles (287e) et La Réunion, ainsi que Casablanca au Maroc (365e).

Alors que Madagascar a connu une progression spectaculaire et que les Seychelles ont enregistré des améliorations régulières, Port Louis demeure pratiquement stagnant.

Cette performance tranche nettement avec l’objectif opérationnel ambitieux du port d’atteindre à terme une capacité de 1,8 million de conteneurs par an, et avec les ambitions de l’État de faire de Maurice un hub maritime régional de premier plan.

Repères mondiaux et critique locale

Les cinq ports les mieux classés au niveau mondial dans le CPPI 2025 sont :

  1. Fuzhou (Chine)
  2. Dalian (Chine)
  3. Salalah ( Oman)
  4. Mawan (Chine)
  5. Chiwan (Chine)

Les hubs de l’Extrême-Orient continuent de dominer les classements en raison de temps de rotation des navires systématiquement courts et de faibles périodes d’immobilisation non productives du port.

Les acteurs locaux de l’industrie ont réagi vivement à ces chiffres. Alain Malherbe, directeur d’une agence de navigation réputée pour ses analyses sur l’efficacité du port mauricien, a exprimé de vives préoccupations après la publication des données.

« En trois éditions du classement, Port Louis n’a gagné que trois places, passant de la 372e à la 369e position », a noté Malherbe, rappelant que Port Louis était auparavant classé 327e sur 348 ports en 2022 avant de dégringoler à la 372e en 2023.

« Les milliards de roupies qui seront injectés dans le développement du port vont-ils vraiment propulser Maurice vers un meilleur positionnement international ? L’histoire récente invite à la prudence. Nous pouvons bâtir les quais les plus modernes, acquérir les équipements les plus performants et investir des sommes considérables dans les infrastructures. Mais ce n’est pas l’infrastructure qui gère et exploite un port — ce sont les femmes et les hommes. »

Défis structurels et numérisation

Selon la Banque mondiale, les ports d’Afrique subsaharienne souffrent régulièrement de temps d’intervention des navires prolongés.

Ces retards sont principalement alimentés par des structures commerciales dominées par les importations, des contraintes de capacité sévères et une concurrence commerciale limitée.

Malgré des avantages géographiques évidents, Port Louis demeure entravé par ces problèmes systémiques plus larges.

Pour surmonter ces goulots d’étranglement opérationnels, des experts du secteur ont proposé d’impliquer un grand opérateur portuaire international dans la gestion du terminal — une stratégie que le gouvernement mauricien poursuit activement actuellement.

Par ailleurs, le rapport CPPI 2025 met en avant la numérisation comme un levier essentiel de la reprise opérationnelle, en soulignant qu’un partage d’informations en temps réel et fiable est indispensable pour instaurer la prévisibilité et atténuer les chocs de la chaîne d’approvisionnement.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.