Île Maurice fait pression sur le Royaume-Uni pour un traité sur un déficit budgétaire non financé de 170 millions de livres

26 août 2026

Île Maurice prévoit un affrontement diplomatique avec le Premier ministre britannique Andy Burnham lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies à New York, selon The Telegraph. Port-Louis entend affronter le Premier ministre au sujet du retard de Londres dans le transfert de la souveraineté des îles Chagos.

Le sommet à venir — qui devrait marquer les débuts internationaux de Burnham en tant que Premier ministre — risque d’être éclipsé par le différend sur la souveraineté.

Pourquoi l’Île Maurice met la pression sur le Royaume-Uni

Cette poussée survient alors qu’Île Maurice fait face à un déficit budgétaire de 170 millions de livres. Port-Louis envisageait de combler ce déficit grâce aux paiements de location du Royaume-Uni pour la base militaire de Diego Garcia, ainsi que par des indemnités liées à la colonisation de l’archipel en 1965.

Alors que des avertissements indiquent que l’Île Maurice cherchera à imposer la mise en œuvre de l’accord cette année, un responsable à Port-Louis a confirmé que « toutes les options sont sur la table ».

L’Île Maurice envisage plusieurs stratégies d’escalade à l’ONU :

  • Sanctions d’agence : demander des sanctions au niveau des agences onusiennes qui pourraient perturber les équipements de communication de Diego Garcia, la livraison du courrier et les atterrissages d’avions.
  • Résolution à l’ONU : pousser à l’adoption d’une résolution formelle déclarant la présence britannique en cours illégale.
  • Action en justice : retourner devant la Cour internationale de Justice (CIJ), qui avait rendu en 2019 un avis consultatif indiquant que le Royaume-Uni doit mettre fin à son administration dans les plus brefs délais.

Bien que ces mesures ne puissent pas forcer un retrait immédiat du Royaume-Uni, elles augmenteraient fortement la pression diplomatique. L’Île Maurice bénéficie déjà d’un soutien clé de l’Union africaine et de l’Alliance des petites États insulaires (AOSIS).

Comment l’accord s’est enlisée

Date / Phase Événement / Statut
Mai 2025 Le Royaume-Uni et l’Île Maurice ont signé un accord transférant la souveraineté à l’Île Maurice. Londres a obtenu l’accès à Diego Garcia via un bail d’une valeur de 35 milliards de livres sur sa durée (environ 101 millions de livres par an en tenant compte de l’inflation).
Points de tension Le président américain Donald Trump s’est opposé à l’ancien Premier ministre britannique Keir Starmer après que le Royaume-Uni a refusé de permettre aux États-Unis d’utiliser les bases britanniques (dont Diego Garcia) pour des frappes contre l’Iran.
Blocage d’avril Trump a retiré son soutien au transfert des Chagos, le qualifiant d’« acte de grande stupidité ». Le gouvernement britannique a ensuite abandonné le texte habilitant.
Situation actuelle Les ministres britanniques n’ont pas encore pris l’engagement de réintroduire le projet de loi. Jonathan Powell, recruté par Burnham comme conseiller à la sécurité à Downing Street, continue de suivre ce dossier.

Le dilemme politique de Burnham

L’accord au point mort laisse le Premier ministre Burnham dans une situation délicate :

  • Poursuivre l’accord risquerait d’aliéner Washington et d’irriter les opposants nationaux (Les Conservateurs et Reform UK), qui estiment que les îles doivent rester britanniques.
  • Abandonner l’accord laisserait le Royaume-Uni exposé à des contestations juridiques de la part de l’Île Maurice.

Lors d’une intervention en Ukraine lundi, Burnham a indiqué qu’il assisterait probablement à l’assemblée de New York — où une seconde rencontre avec Trump à la Maison-Blanche demeure possible.

« Je n’ai pas encore entièrement confirmé les détails, mais il est probable que j’irai, surtout après la discussion d’aujourd’hui. En repartant d’aujourd’hui, je sais clairement ce que je dois faire dans les semaines à venir. »
Andy Burnham, Premier ministre du Royaume-Uni

La réponse du Foreign Office britannique

Un porte-parole du Foreign Office a soutenu que Diego Garcia est un « atout militaire stratégique vital » soutenant la sécurité conjointe des États-Unis et du Royaume-Uni depuis près de 60 ans.

Le Foreign Office a déclaré que le contrôle opérationnel à long terme de la base demeure « la pierre angulaire » du traité Royaume-Uni-Maurice, ajoutant que Londres continuera à travailler avec Washington et Port-Louis pour protéger les intérêts de sécurité nationale britanniques.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.