Île Maurice impose des amendes de 500 000 Rs sous les nouvelles règles de travail des étudiants étrangers

30 juillet 2026

Les étudiants étrangers à Maurice seront bientôt tenus d’obtenir un permis de travail officiel avant d’occuper un emploi rémunéré, dans le cadre de réformes juridiques majeures introduites par le projet de loi 2026 sur les mesures économiques et financières (dispositions diverses).

Le nouveau mandat, issu d’un amendement à la Loi sur les restrictions à l’emploi, prévoit des sanctions sévères en cas de non-respect, allant d’amendes comprises entre Rs 100 000 et Rs 500 000 et des peines d’emprisonnement pouvant atteindre cinq ans pour les étudiants non conformes et leurs employeurs.

Aux termes de la loi, les tribunaux auront aussi le pouvoir d’ordonner aux employeurs condamnés de prendre en charge l’intégralité des frais de rapatriement de l’étudiant concerné, ainsi que toutes les dépenses liées à son séjour jusqu’à son départ de Maurice.

Le nouveau « permis de travail pour étudiants » vise les non-citoyens âgés de 16 ans ou plus détenant un permis de résidence et inscrits dans une université, un établissement d’enseignement supérieur ou un centre de formation à Maurice.

Dans le cadre du système à double obligation, les employeurs seront formellement interdits d’employer ces étudiants sans vérification préalable que leur permis est en règle — une mesure prise par le gouvernement pour endiguer le recrutement illégal et réguler l’accès des étudiants étrangers au marché du travail local.

Une période transitoire de six mois sera accordée aux étudiants déjà en emploi, leur laissant le temps de déposer une demande de permis et de régulariser leur situation sans pénalité immédiate.

Bien que la mesure ait été largement accueillie comme un moyen de structurer l’emploi des étudiants, elle a suscité des débats sur son impact plus large sur le marché du travail local.

Jane Ragoo, porte-parole de la Confédération des Travailleurs du secteur public et privé (CTSP), a noté que l’exigence d’un permis est une pratique standard, mais s’est interrogée sur la limite hebdomadaire de 30 heures.

Elle a souligné que ce seuil est élevé par rapport aux normes internationales, où les plafonds se situent habituellement autour de 20 heures par semaine.

À l’inverse, Ravin Bara, directeur de Expertability, a accueilli favorablement la réforme, affirmant qu’elle mettra fin à des abus tels que l’emploi d’étudiants sans contrat formel ou rémunérés dans des conditions précaires.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.