Île Maurice propose une limite de 2 heures sur les réseaux sociaux pour les adolescents face à la cybercriminalité

7 novembre 2026

Les adolescents pourraient être confrontés à une limite quotidienne obligatoire de deux heures d’utilisation des réseaux sociaux, dans le cadre de nouvelles propositions du gouvernement visant à protéger les jeunes des risques numériques et à freiner la montée des cybercrimes.

Lors d’une conférence de presse à Ébène, le vendredi 6 novembre, le Dr Avinash Ramtohul, ministre des Technologies de l’Information, de la Communication et de l’Innovation, a présenté la proposition d’imposer une plage horaire d’écran de deux heures, activée par défaut pour les adolescents.

Le gouvernement étudie aussi l’introduction d’un « Mode École » visant à supprimer les notifications entre 08h00 et 15h00 pendant les jours scolaires, ainsi qu’un « Mode Sommeil » destiné à bloquer les notifications entre minuit et 06h00 pour protéger le sommeil des jeunes.

Cependant, le Dr Ramtohul a précisé que ces mesures faisaient actuellement l’objet de discussions avec Meta et n’ont pas encore été mises en œuvre.

« Ce sont des idées dont nous discutons avec Meta, et nous suivrons les procédures prévues par les lois du pays. Nous devrons également disposer de textes législatifs pour mettre ces idées en œuvre », a déclaré le ministre.

L’initiative s’inscrit dans un contexte où les chiffres officiels du CERT-MU indiquent que 5 754 incidents cybernétiques ont été signalés à Maurice entre le 1er janvier et le 5 novembre 2026 — soit une moyenne d’environ 19 cas par jour.

Les rapports recensaient 1 697 cas de harcèlement en ligne, 761 cas de cyberharcèlement, 723 cas d’arnaques et de fraudes, et 603 signalements liés à la désinformation.

Les autorités ont aussi enregistré 438 cas de vol d’identité, 225 cas de sextorsion et 61 signalements concernant l’abus sexuel et l’exploitation sexuelle des enfants.

Le Dr Ramtohul a insisté sur le fait que le gouvernement ne pouvait pas rester indifférent face à l’augmentation des abus en ligne.

« Derrière chaque contenu destiné à nuire, derrière chaque faux profil, se cachent aussi les humiliations endurées par les victimes », a-t-il déclaré.

Pour répondre à cette problématique, le gouvernement et l’Autorité des Technologies de l’Information et des Communications (ICTA) lancent une campagne nationale de sensibilisation d’une durée de trois mois axée sur une utilisation responsable des réseaux sociaux.

Cette campagne abordera la vérification des informations, la protection de la vie privée, la prévention des arnaques en ligne et la lutte contre le cyberharcèlement.

Le ministre a assuré que cette action n’a pas pour objectif de restreindre la liberté d’expression ou de s’opposer à la critique du gouvernement.

Par ailleurs, des discussions sont en cours avec Meta afin d’établir, dans les six prochains mois, un cadre de coopération structuré qui accélérera le traitement des contenus nuisibles, notamment en ce qui concerne le harcèlement, les menaces et l’exploitation des enfants.

Le ministère explore également la possibilité d’un partenariat avec StopNCII pour combattre le partage non consenti d’images intimes, y compris celles qui ont été manipulées grâce à l’intelligence artificielle.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.