Île Maurice : resserre la ceinture alors que le déficit commercial s’élargit de 15,4 % en juin

21 août 2026

Le déficit commercial de l’île Maurice s’est largement aggravé en juin 2026, s’élargissant de 15,4 % par rapport à mai, alors que les coûts d’importation liés à l’énergie et à l’alimentation ont largement dépassé les gains tirés des revenus d’exportation, selon les dernières données publiées par Statistics Mauritius.

La facture mensuelle des importations a bondi de 12,5 % par rapport à mai et de 18,8 % sur un an, pour atteindre Rs 33 542 millions.

À l’inverse, les exportations ont progressé de manière modeste, soit 6,1 % sur un mois et 5,6 % sur un an, pour s’établir à Rs 9 817 millions, ce qui n’a pas suffi à compenser la hausse des coûts des biens importés.

La flambée des dépenses liées aux importations a été principalement tirée par trois secteurs clés :

– Minéraux, combustibles et lubrifiants : Rs 9 712 millions
– Machines et équipement de transport : Rs 6 583 millions
– Produits alimentaires et animaux vivants : Rs 6 171 millions

Des prix mondiaux plus élevés de l’énergie et des matières premières ont largement contribué à l’augmentation de la facture, générant un effet de prix qui s’est superposé à des volumes d’importation plus élevés.

Du côté des exportations, les recettes ont été principalement soutenues par les ventes de produits alimentaires et par l’industrie manufacturière. Les secteurs principaux concernés comprenaient :

– Produits alimentaires et animaux vivants : Rs 3 127 millions
– Fournitures et carburants pour navires : Rs 3 096 millions
– Objets manufacturés divers : Rs 1 725 millions
– Biens manufacturés classés par matériau : Rs 720 millions
– Produits chimiques et dérivés : Rs 450 millions

Ces chiffres mettent en évidence une dépendance structurelle vis-à-vis d’un nombre restreint de partenaires commerciaux.

L’Afrique du Sud représentait la première destination des exportations avec 12,4 %, suivie du Royaume‑Uni (11,1 %), de Madagascar (9,6 %), des États-Unis (8,8 %), de la France (7,4 %) et de l’Espagne (5,4 %).

La Chine dominait le marché des importations, fournissant 16,7 % de l’ensemble des biens. Oman arrivait en deuxième position avec 10,7 %, devant l’Inde (7,7 %), l’Afrique du Sud (6,9 %), Singapour (6,5 %) et la France (5,8 %).

Les analystes soulignent que concentrer les importations essentielles — telles que l’énergie, l’alimentation et les machines — sur un petit nombre de fournisseurs rend l’économie vulnérable de manière structurelle aux chocs de prix externes.

Pour remédier à cet écart sur le long terme, il faudra diversifier les destinations d’exportation et réduire la dépendance énergétique, alors que les trajectoires mondiales des prix du carburant devraient peser lourdement sur les comptes extérieurs dans les mois à venir.

Droits d’auteur : l’Express

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.