La Cour suprême de l’île Maurice a rejeté une demande de réparation constitutionnelle déposée par le Dr Arvin Boolell, actuellement ministre de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et des pêches, contre l’ancien président de l’Assemblée nationale Sooroojdev Phokeer et l’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth.
Dans une ordonnance interlocutoire rendue le 23 juillet 2026, la cour a jugé que le recours juridique ne soulevait plus une question pratique justifiant l’émission d’une déclaration constitutionnelle.
Origine du litige
L’action en justice trouve son origine dans les événements du 20 juillet 2021, lorsque le Dr Boolell a été expulsé de la chambre parlementaire par le président de l’époque, Sooroojdev Phokeer. Il a ensuite été suspendu pour huit séances à la suite d’une motion déposée par le Premier ministre de l’époque, Pravind Jugnauth.
Le Dr Boolell soutenait que ces mesures violaient plusieurs droits qui lui étaient garantis par la Constitution, et il a déposé une requête visant à faire déclarer ces décisions anticonstitutionnelles, nulles et sans effet.
La décision : La Cour suprême a rejeté la plainte constitutionnelle du Dr Arvin Boolell le 23 juillet 2026.
- Contexte clé : L’action en justice a été déclenchée à l’origine par l’expulsion du Dr Boolell et sa suspension subséquente de huit sessions du Parlement en juillet 2021.
- Détails juridiques : Après octobre 2024, le Dr Boolell a tenté d’amender la requête pour poursuivre les défendeurs à titre personnel, mais cette demande a été rejetée par la cour.
- Justification : La cour a estimé que l’action était purement théorique, les anciens responsables ne détenant plus de fonctions publiques.
Modifications post-électorales rejetées
Suite à la dissolution de l’Assemblée nationale en octobre 2024 et au changement de gouvernement qui a suivi, le Dr Boolell a sollicité l’autorisation d’amender sa procédure initiale. Son objectif était d’assigner M. Phokeer et M. Jugnauth à titre personnel.
Cependant, cette demande a été contestée tant par les défendeurs nommés que par le Bureau du Procureur Général.
Décision de la Cour
Les juges présidant Karuna Devi Gunesh-Balaghee et Denis Mootoo ont estimé que les modifications proposées modifieraient profondément le caractère du litige — passant d’une action de droit public dirigée contre des figures institutionnelles à une affaire de droit privé visant des particuliers.
Le banc a en outre jugé que, compte tenu du fait qu’aucun des anciens élus n’occupe plus de fonction, les déclarations sollicitées demeuraient purement académiques et théoriques. En conséquence, la cour a formellement rejeté la requête.