Le Conseil médical rejette les diplômes de Master en Santé Publique pour quatre promotions d’étudiants

12 septembre 2026

De jeunes médecins qui ont investi plus de 200 000 Rs dans un Master of Public Health (MPH) à l’Université de Maurice (UoM) ont découvert que le Medical Council refuse de reconnaître leur diplôme comme une « qualification additionnelle ».

Ce refus du régulateur a entraîné des répercussions professionnelles immédiates, empêchant les praticiens concernés de postuler au poste de médecin communautaire publié par la Public Service Commission le 8 septembre.

Alors que la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 28 septembre, les médecins lésés recherchent d’urgence des éclaircissements et réclament une entrevue avec le vice-chancelier de l’UoM, le professeur Kavi Kumar Khedo, afin de traiter d’éventuels manques de communication ou des interprétations erronées entre l’université et le Conseil.

Quatre cohortes d’étudiants ont déjà suivi le programme d’un an à temps plein au cours des années académiques 2021-2022, 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025. Pour l’admission 2025-2026, le coût est affiché à 237 900 Rs.

Dans une lettre officielle adressée à un candidat concerné, le Medical Council a justifié sa décision en vertu de l’article 29 de la Medical Council Act et du paragraphe 3 des Medical Council (Additional Qualifications) Regulations 2020.

Le régulateur a affirmé que la qualification « ne satisfait pas » les exigences légales car une partie du cours de troisième cycle a été dispensée en ligne via l’apprentissage par technologie (Technology Enabled Learning), et l’inscription était ouverte à des personnes non titulaires d’un diplôme médical ainsi qu’aux praticiens médicaux.

L’appel 2025-2026 permet l’accès aussi bien aux titulaires de diplômes médicaux (MBBS, MBChB ou équivalent) qu’aux candidats non médicaux détenant au moins un diplôme de Deuxième Classe ou un diplôme de Bachelor of Dental Surgery (BDS), ainsi que deux années d’expérience dans la santé publique, la promotion de la santé, l’administration sanitaire, la santé au travail et l’environnement, la recherche clinique ou des secteurs de santé apparentés.

Les professionnels touchés ont vivement contesté cette décision. Ils ont précisé que le diplôme correspond à un programme présentiel, à temps plein où la technologie n’a été utilisée que comme outil pédagogique et non comme mode d’apprentissage à distance — un format déjà utilisé auparavant sans problème.

De plus, ils ont souligné la nature intrinsèquement pluridisciplinaire de la santé publique, qui englobe l’épidémiologie, la biostatistique, la promotion de la santé, la prévention des maladies, les politiques de santé, les systèmes, la recherche et la santé des populations.

Ils soutiennent que l’admission de professionnels qualifiés non médecins ne invalide pas le MPH obtenu par un médecin inscrit.

Étant donné que ces praticiens détiennent déjà des diplômes médicaux, ont terminé leur formation clinique et exercent des carrières actives, ils considèrent les arguments du Conseil concernant la formation clinique comme sans objet, soulignant les lourds sacrifices financiers et familiaux qu’ils ont dû supporter.

Le Dr Manish Rai Sookha, président du Medical Council, a défendu cette position en rappelant l’article 29 de l’Act et le règlement 3 des Regulations de 2020, qui stipulent qu’une qualification additionnelle doit être liée à un domaine de la médecine et suivre une formation médicale à temps plein d’au moins une année académique (ou deux ans à temps partiel) dans un établissement médical approuvé répertorié dans les Medical Institutions Regulations 2016.

Le Dr Sookha a noté que le Conseil éprouve fréquemment des difficultés à évaluer la « valeur » des certificats présentés en vertu de l’article 29, qui autorise les médecins qualifiés à inscrire des diplômes sur leur Annual Practising Certificate.

Il a soutenu que l’acquisition de connaissances supplémentaires doit provenir d’une formation exclusivement destinée aux médecins généralistes ou aux spécialistes, et ne peut être reconnue lorsque les cours sont ouverts à des infirmiers, hygiénistes, pharmaciens, personnels de sécurité et d’autres professionnels de la santé affiliés.

Pour remédier à cela, le Dr Sookha a indiqué que le Conseil avait recommandé de modifier les règlements le 13 décembre 2023, en vertu de l’article 42(2)(a) de la Loi, afin d’orienter les médecins vers des parcours postuniversitaires exclusifs. Lors de ses échanges avec Le Mauricien, le Dr Sookha a renvoyé les questions au Registrar.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.