Les immatriculations à Maurice ont chuté de 33,4 % sur les sept premiers mois de l’année, sous l’effet de la hausse des prix des voitures, des mesures budgétaires récentes et d’un fort amoindrissement du pouvoir d’achat des ménages.
Les données publiées cette semaine par l’Autorité nationale des transports terrestres révèlent que seulement 18 326 véhicules ont été immatriculés entre janvier et juillet 2026, en forte baisse par rapport à 27 526 sur la même période en 2025 — soit une diminution de 9 200 unités.
La morosité touche aussi bien les véhicules neufs que les véhicules d’occasion importés, sur l’ensemble du marché :
| Type de véhicule | Janv.–Juil. 2025 | Janv.–Juil. 2026 | Diminution unitaire | % de diminution |
|---|---|---|---|---|
| Véhicules neufs | 19 166 | 13 160 | 6 006 | 31,3 % |
| Véhicules d’occasion | 8 360 | 5 166 | 3 194 | 38,2 % |
| Total | 27 526 | 18 326 | 9 200 | 33,4 % |
Évolution mensuelle des immatriculations
| Mois | En 2025 | En 2026 |
| Janvier | 3 531 | 2 710 |
| Février | 2 949 | 2 465 |
| Mars | 3 543 | 2 434 |
| Avril | 3 223 | 2 795 |
| Mai | 3 895 | 2 558 |
| Juin | 6 926 | 2 642 |
| Juillet | 3 459 | 2 722 (y compris 1 851 véhicules neufs et 871 véhicules d’occasion) |
Coûts en hausse et disparition du « facteur feel-good »
Les dirigeants de l’industrie avertissent que la récession marquée force les showrooms à licencier du personnel et à ajuster leurs activités simplement pour survivre.
Zaid Ameer, président de l’Association des négociants de véhicules importés, a mis en lumière les pressions croissantes auxquelles sont confrontés les consommateurs.
Malgré l’injection de 2 milliards de roupies sous forme de subventions publiques, les dépenses des ménages ont fortement augmenté, le panier moyen mensuel passant de 8 000 roupies à 12 000 roupies.
Ameer a attribué une partie de cette érosion du pouvoir d’achat à des réductions des allocations CSG. Parallèlement à la hausse des prix à la consommation, les Mauriciens font face à des coûts plus élevés pour l’assurance automobile, la taxe routière et les taux d’intérêt des prêts.
De plus, les mesures budgétaires récentes — notamment les propositions de réforme des retraites — ont suscité une peur générale parmi les acheteurs.
« Le facteur d’optimisme a complètement disparu », a affirmé Ameer, ajoutant que les citoyens retardent l’entretien de base sur leurs voitures et leurs motos, ce qui nuit aux mécaniciens et garages locaux.
Les chauffeurs de taxi d’hôtels qui remplaçaient autrefois leur véhicule tous les quatre ans étirent désormais la période de détention à six ou sept ans.
Prix en hausse et changements fiscaux
Les prix des véhicules ont connu une hausse marquée en raison des politiques budgétaires et de l’augmentation des coûts de fret. Les voitures situées entre 1 000 cm3 et 1 300 cm3 ont enregistré des augmentations comprises entre 200 000 et 250 000 roupies, portant le coût d’une voiture qui coûtait auparavant 800 000 roupies à environ 1 000 000 de roupies.
Certaines voitures hybrides ont été effectivement exclues du marché au vu des changements de politique fiscale qui ont porté leurs droits d’accise de 0 % (exonérés) à 75 %.
De plus, l’incertitude géopolitique mondiale — notamment le conflit au Moyen-Orient et la base voisine de Diego Garcia — décourage davantage les acheteurs potentiels.
Licenciements dans les showrooms et perspectives sombres
Pour faire face à la chute des volumes de vente, les concessionnaires se réorientent vers des véhicules plus compacts, réduisent leurs marges bénéficiaires et diminuent leurs dépenses opérationnelles, plusieurs showrooms étant contraints de réduire leurs effectifs.
À l’avenir, les concessionnaires expriment une inquiétude profonde que le ralentissement du marché se poursuivra jusqu’à la fin de l’année.
Les conflits mondiaux persistant, y compris la guerre en Ukraine et les tensions entre l’Iran et les États‑Unis, risquent de pousser les prix du pétrole plus haut, alimentant la crainte d’une hausse imminente des prix du carburant à la pompe.
L’association prévoit que les ventes annuelles de véhicules d’occasion n’atteindront que 7 000 à 8 000 unités d’ici la fin de l’année, contre des volumes annuels habituels d’environ 13 000 unités.