Le ministère règle 1 700 plaintes de travailleurs saisonniers sans effectuer d’inspections

4 septembre 2026

Plus de 1 700 réclamations formelles déposées par des travailleurs saisonniers au cours des quatre dernières années, principalement relatives à la résiliation du contrat, au non-paiement des prestations et aux conditions de travail, ont été portées à la connaissance du Parlement.

Le ministre du Travail et des Relations industrielles, Reza Uteem, a indiqué que son ministère avait enregistré 1 723 réclamations entre 2022 et août 2026.

Ces chiffres ont été présentés en réponse à une question parlementaire posée par Khushal Lobine, député de La Caverne–Phoenix.

Résolution des dossiers et absence d’inspections

Sur l’ensemble des réclamations reçues, 1 700 dossiers ont déjà été traités.

23 autres dossiers relatifs au non-paiement des salaires sont en cours de traitement afin de préparer une action en justice.

Cependant, le ministre a confirmé qu’aucune inspection sur les lieux de travail n’avait été effectuée et qu’aucun avis de pénalité fixe ni contravention n’avait été enregistré pendant la période indiquée.

Fluctuations marquées de la main-d’œuvre saisonnière

Les données de l’Autorité de l’industrie de la canne à sucre de Maurice (MCIA) révèlent une volatilité importante de la main-d’œuvre saisonnière employée par les entreprises sucrières, les usines de transformation et les entrepreneurs :

  • 2022 : 7 754 travailleurs saisonniers
  • 2023 : 3 184 travailleurs saisonniers
  • 2024 : 2 272 travailleurs saisonniers
  • 2025 : 454 travailleurs saisonniers
  • 2026 : 2 739 travailleurs saisonniers

Les petits exploitants n’employant généralement pas de travailleurs saisonniers, ils privilégient une main-d’œuvre occasionnelle selon les besoins.

Cadre juridique et questions d’éligibilité

En répondant à des questions complémentaires, le ministre Uteem a expliqué que la majorité des griefs concernaient directement les licenciements.

Les travailleurs saisonniers devaient auparavant déposer une réclamation formelle concernant la fin de leur contrat afin d’accéder à l’allocation de chômage transitoire dans le cadre du Programme Workfare.

À la suite d’un différend avec un employeur du secteur sucrier, le ministère a sollicité l’avis de l’Office du droit de l’État.

L’avis juridique a conclu que les travailleurs sous contrat à durée déterminée ne sont pas éligibles au Programme Workfare en raison de la nature temporaire de leur emploi.

Le ministre a rappelé au Parlement que la Loi sur les droits des travailleurs contient plusieurs garanties pour les travailleurs saisonniers, couvrant la rémunération, le versement des salaires, les frais de déplacement, la résiliation du contrat et les cotisations au Fonds portable d’indemnité de retraite.

Le personnel saisonnier est également soumis à des réglementations régissant les conditions d’emploi dans l’industrie sucrière.

Réformes et propositions de revenus inter-saison

Des discussions ont également été évoquées concernant des mécanismes visant à assurer une continuité des revenus pour les travailleurs pendant la période inter-saison.

Le ministre Uteem a exprimé son soutien à l’initiative, déclarant qu’il discuterait de la question avec le ministre de l’Agro-Industrie, tout en notant que les employeurs pourraient aussi envisager de réaffecter les travailleurs à d’autres tâches pendant les mois hors récolte.

Par ailleurs, un comité dédié au sein du Ministère du Travail (TIM) examine actuellement le système du Programme Workfare.

Le ministre a reconnu que le dispositif avait été sujet à des abus par le passé, tandis que certains travailleurs en détresse légitime n’avaient pas reçu l’allocation de chômage transitoire.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.