Dix nouveaux forages doivent être déployés d’urgence dans les régions touchées d’ici à la fin du mois d’octobre afin d’injecter 31 000 mètres cubes d’eau supplémentaires dans le réseau et compenser les graves déficits à l’usine de traitement de La Marie.
Cette mesure d’urgence a été annoncée mardi après-midi, le 6 octobre, par le ministre des Services publics Patrick Assirvaden lors d’une conférence de presse qui a suivi une réunion du comité de crise de l’eau.
Avertissant que la chute du niveau d’eau du réservoir Mare-aux-Vacoas va influencer de plus en plus la station de La Marie, le ministre a révélé que Mare-aux-Vacoas n’alimente La Marie qu’à hauteur de 61 000 mètres cubes par jour, contre 110 000 mètres cubes normalement. Il a également noté que les réservoirs de l’île ne sont pas interconnectés.
Pour faire face à la crise d’approvisionnement, le gouvernement déploie une série d’interventions d’infrastructures immédiates.
M. Assirvaden a confirmé que l’opération de pompage d’urgence via les dix nouveaux forages sera rapidement menée afin d’injecter les 31 000 mètres cubes supplémentaires dans le système au cours des prochaines semaines.
Par ailleurs, le ministère avait commandé 15 unités de filtration sous pression conteneurisées (CPFs) il y a quatre ou cinq mois, dont sept ont déjà été réceptionnées.
Une fois déployées pleinement dans les zones problématiques, ces 15 unités devraient pomper et approvisionner le réseau en 33 000 mètres cubes d’eau supplémentaires.
Un deuxième pipeline doit également être installé rapidement à partir du réservoir Mare-Longue — qui alimente la station La Marie — afin d’assurer 15 000 mètres cubes d’eau supplémentaires pour aider à alimenter l’usine, en contournant les limites d’approvisionnement actuelles.
La crise a été alimentée par des niveaux d’eau extrêmement faibles au Mare-aux-Vacoas. Le réservoir principal de l’île affiche actuellement un taux de remplissage de 35,9 %, en net recul par rapport à 88,6 % à la même période l’année dernière.
Allant au-delà du soutien immédiat, M. Assirvaden a exposé des solutions à moyen et long terme, défendues dans le cadre d’un « plan Marshall ».
Il a souligné sa détermination à intégrer la dessalination dans la stratégie et a insisté sur le fait que Maurice doit découvrir des voies alternatives pour puiser l’eau à partir de sources non conventionnelles.
« La situation va sans doute se détériorer face au changement climatique », a averti le ministre.
Dans le cadre de ces mesures alternatives, M. Assirvaden a mis en évidence le potentiel des eaux usées traitées, notant que l’Autorité de gestion des eaux usées déverse environ 55 000 mètres cubes d’eau traitée par jour qui pourraient être réutilisés, notamment pour l’irrigation.