La baisse des résultats des élèves dans les matières centrales — les mathématiques, l’anglais et le français — a suscité de profondes inquiétudes chez les autorités de l’éducation, entraînant des interventions de soutien ciblées parallèlement à un grand assouplissement des critères d’accès aux études du secondaire supérieur.
Le ministre de l’Éducation, Dr Mahend Gungapersad, a exprimé son alarmisme face à la chute des normes dans les matières fondamentales, en mettant en avant les mathématiques, l’anglais et le français comme principaux domaines de difficulté, avec une inquiétude particulière concernant le déclin du français.
« Nous avons constaté que les élèves rencontrent principalement des difficultés dans les matières de base, notamment les mathématiques, l’anglais et le français. Il est particulièrement préoccupant de constater une diminution du niveau de français », a-t-il déclaré.
Selon les chiffres comparatifs de performance du Certificat scolaire (SC) entre 2017 et 2025, les résultats se sont affaiblis dans deux des trois matières centrales :
- Mathématiques : enregistré une forte chute de 5,79 points, passant d’un taux de réussite de 76,52 % en 2017 à 70,73 % en 2025. Près de trois candidats sur dix échouent désormais les mathématiques.
- Anglais : réussi par 84,72 % des élèves en 2025, contre 88,44 % en 2017. Les éducateurs insistent sur le fait qu’un élève qui maîtrise mal l’anglais aura du mal à réussir dans d’autres matières.
- Français : affichait une stabilité relative avec une légère hausse de 0,59 point, passant de 81,28 % à 81,87 %, ce que les autorités décrivent comme rassurant malgré les inquiétudes plus larges.
Le déclin académique s’inscrit dans la foulée de changements structurels introduits en 2025, qui ont abaissé le seuil d’entrée au Higher School Certificate (HSC) de cinq crédits SC à trois.
Présentée comme une mesure inclusive de seconde chance, la politique s’accompagne de plans visant à renforcer l’appui dans les matières centrales dès l’école primaire et le premier cycle du secondaire afin de mieux préparer les élèves aux examens SC.
Le Dr Gungapersad a exprimé son optimisme quant aux résultats de la première cohorte autorisée à entrer au HSC avec trois ou quatre crédits :
« Nous attendons avec intérêt et confiance les résultats de cette première cohorte, prévus pour le mois de janvier prochain. Nous espérons que autant d’élèves que possible réussiront leurs examens. »
Pour répondre à la situation, les équipes techniques du ministère de l’Éducation travaillent depuis le début du troisième trimestre sur des mesures concrètes visant à améliorer les résultats :
- Visites ciblées des écoles : La Division Assurance Qualité et Inspection s’est engagée à soutenir les recteurs et les chefs de département dans environ 15 collèges identifiés comme ayant les taux de réussite les plus faibles via des visites régulières.
- Passage de l’inspection au soutien : Les visites ne sont plus présentées comme des inspections, mais comme un mentorat de soutien adapté aux défis locaux variés à travers le pays.
- Analyse détaillée des performances : Les équipes scolaires examinent les résultats par matière, les notes des épreuves blanches, les difficultés récurrentes et les profils individuels des élèves afin de mettre en œuvre des mesures personnalisées — y compris des sessions de révision, des exercices sur des sujets d’annales, l’analyse des rapports des examinateurs de Cambridge et la consolidation des concepts faibles.
- Accent sur les candidats en seuil : Une attention particulière est portée aux élèves qui ne se trouvent qu’à quelques points du seuil de réussite.
- Engagement direct des élèves : Les responsables, lors de visites auprès d’élèves de 9e, 11e et 13e année, insistent sur la responsabilisation des élèves, mettant en avant l’assiduité, l’organisation et la discipline comme moteurs cruciaux du succès.
Preetam Mohitram, Directeur adjoint de l’E-Education, a déclaré que l’objectif est de transformer les observations en interventions rapides et concrètes plutôt que de déceler des problèmes à la veille des examens.
Tout en reconnaissant que quelques semaines de révision ne peuvent compenser des lacunes accumulées sur le long terme, les responsables de l’éducation insistent sur le fait que des soutiens ciblés peuvent toutefois apporter des améliorations significatives, notamment pour les élèves qui n’ont pas un environnement familial structuré ou qui font face à l’anxiété et à la désorganisation.