Le ministre mauricien affirme à l’ONU que la souveraineté sur les Chagos est non négociable

26 septembre 2026

Le ministre mauricien des Affaires étrangères, Dhananjay Ramful, a déclaré que la souveraineté de la nation sur l’archipel des Chagos était « non négociable » lors de son allocution à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le samedi 26 septembre.

S’adressant aux dirigeants du monde, Ramful a présenté l’accord sur les Chagos de mai 2025 entre Maurice et le Royaume-Uni comme un triomphe du multilatéralisme et des organes judiciaires internationaux dans l’achèvement du processus de décolonisation du pays.

En s’appuyant sur les résolutions des Nations unies, les conclusions du Tribunal international du droit de la mer et l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ), il a appelé à une rectification immédiate de cette « injustice historique ».

Le discours, étendu et couvrant de nombreux enjeux géopolitiques, environnementaux et de développement, adoptait une structure pyramidale pour hiérarchiser les revendications internationales les plus importantes du pays et les réformes mondiales prioritaires.

Principales exigences diplomatiques et revendications territoriales

  • Île Tromelin : Réaffirmant que Tromelin est une partie intégrante de la République de Maurice, Ramful a appelé la France à s’engager de manière constructive pour régler le différend dans le cadre de l’amitié bilatérale.
  • Réforme du Conseil de sécurité des Nations unies : Soutenant la Position Commune africaine, Maurice a exigé au moins deux sièges permanents et cinq sièges non permanents pour l’Afrique, un siège dédié aux Petits États insulaires en développement (PEID), et l’égalité des droits pour les nouveaux membres permanents. Port-Louis a également soutenu l’initiative franco-mexicaine de suspension du veto dans les cas de crimes massifs et la candidature de l’Inde à un siège permanent.
  • Palestine : Condamnant les implantations illégales et appelant à la fin de la violence, Maurice a réaffirmé son soutien à l’autodétermination palestinienne, à un État indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, et à une solution diplomatique durable.

Climat, sécurité maritime et vulnérabilité économique

Le ministre des Affaires étrangères a souligné les menaces existentielle qui pèsent sur les petits États insulaires, notant que Maurice détient une Zone économique exclusive (ZEE) s’étendant sur environ 2,2 millions de kilomètres carrés—plus de mille fois la superficie de son territoire.

  • Dépendance maritime : Soulignant une vulnérabilité sévère face aux chocs des chaînes d’approvisionnement, Ramful a noté que le commerce maritime représente plus de 90 % des importations d’énergie primaire du pays et plus de 70 % de son approvisionnement alimentaire.
  • Action climatique : En accueillant l’avis consultatif de la CIJ sur les obligations climatiques des États, Maurice a appelé à codifier le principe selon lequel la hausse du niveau de la mer ne doit pas effacer la souveraineté ou l’existence juridique d’un État. Sur le plan intérieur, la révision constitutionnelle en cours intégrera les « droits de la nature ».
  • Financement du développement : Pointant la diminution des fonds concessionnels, Ramful a exhorté les institutions financières internationales à privilégier la vulnérabilité nationale plutôt que les indicateurs de revenu par habitant.

Technologie, santé et politique sociale

Faisant écho aux tendances mondiales émergentes, Ramful a souligné que Maurice a lancé des stratégies nationales pour l’intelligence artificielle et la fintech avec le soutien de l’ONU, préconisant une gouvernance inclusive afin de répartir équitablement les bénéfices technologiques.

Sur les plans sociaux tant domestiques que mondiaux, il s’est engagé à ce que Maurice maintienne des soins de santé publics gratuits et de qualité tout en exigeant un accès mondial abordable aux technologies médicales pour la préparation future à des pandémies.

En concluant son allocution, Ramful a qualifié la sécurité routière de « épidémie silencieuse » touchant de manière disproportionnée les pays en développement, appelant à une attention internationale accrue avant d’affirmer la foi durable de Maurice dans le multilatéralisme à un moment charnière pour l’ONU.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.