L’île stratégique des Chagos devient le hub vital de la Marine américaine après l’effondrement des infrastructures du Golfe

15 septembre 2026

Diego Garcia a vu son rôle croître au sein du réseau logistique de la marine américaine dans le cadre de la guerre contre l’Iran, devenant un point de soutien crucial après que des frappes iraniennes lourdes ont endommagé et détruit des infrastructures militaires à travers le Golfe et le Moyen-Orient.

Selon un rapport officiel de l’Inspecteur général du Pentagone publié par CNN le mardi 15 septembre, la base stratégique de l’archipel des Chagos — dont la souveraineté est revendiquée par Maurice — est intervenue pour fournir des ressources navales au fur et à mesure que le conflit évoluait.

Avant le déclenchement de l’opération, Bahreïn servait de principal centre logistique pour la marine américaine dans le golfe Persique, selon le Commandement central des États-Unis (CENTCOM).

Cependant, les frappes iraniennes ont gravement perturbé ce réseau, endommageant ou détruisant des centaines de bâtiments et d’infrastructures sur les bases américaines du Koweït, de Bahreïn, du Qatar, des Émirats arabes unis, d’Arabie saoudite, d’Irak, d’Oman et de Jordanie.

Ces attaques ont contraint le CENTCOM à déplacer le personnel, le matériel et les installations de stockage. Parmi ces réajustements, les hélicoptères d’évacuation médicale de l’armée américaine ont été retirés d’Irak et du Koweït, forçant la plupart des évacuations à recourir à des transports terrestres vers des établissements médicaux locaux.

De plus, les dégâts importants infligés au centre naval régional de Bahreïn ont créé d’importantes difficultés pour sécuriser des ports de soutien adéquats.

Alors que Diego Garcia comble désormais la lacune logistique, sa distance par rapport au théâtre d’opérations allonge considérablement les chaînes d’approvisionnement, entraînant des cycles de ravitaillement de 14 à 18 jours.

Ces contraintes provoquent des pénuries d’approvisionnement intermittentes et des perturbations du système postal militaire régional, aggravant les défis rencontrés par les marins américains lors de longs déploiements dans le Golfe Persique.

Par ailleurs, le rapport souligne que les stocks américains de munitions critiques ont été épuisés au cours du conflit, en parallèle avec les pertes majeures d’équipements déjà documentées, telles que des radars de défense antimissile.

La perturbation s’est étendue aux missions diplomatiques. Des attaques iraniennes contre les représentations diplomatiques américaines à travers le Moyen‑Orient ont causé des dommages estimés à 184 millions de dollars, bien que le rapport n’indique pas de chiffre total pour les dommages aux installations militaires.

En mars, l’ambassade américaine à Riyad a été touchée par deux drones iraniens, provoquant d’importants dégâts; le consulat américain à Dubaï a été pris pour cible par un drone, et l’ambassade des États‑Unis au Koweït a été touchée et endommagée avant de reprendre ses opérations d’urgence pour les citoyens américains fin juin.

En Irak, où un haut fonctionnaire du département d’État a signalé plus de 600 attaques contre des installations américaines, les dommages ont été les plus coûteux, évalués à environ 157 millions de dollars.

Entre le 23 février et le 30 juin, jusqu’à 3 500 personnels diplomatiques se trouvaient hors de la région sous le coup de mesures d’évacuation autorisées ou ordonnées.

Alors que des responsables militaires et du renseignement américains évoquent la possibilité de réduire de manière permanente les effectifs et les installations américaines au Moyen‑Orient une fois le conflit terminé, le rapport n’arrive pas à une conclusion définitive sur la pérennité de ces changements.

Le document couvre la période du 1er avril au 30 juin 2026, tout en examinant les événements survenus depuis le début de la guerre le 28 février.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.