Le nouveau Leader de l’Opposition, Chetan Baboolall, a appelé à la démission immédiate du ministre de la Santé, Anil Bachoo, à la suite des révélations concernant une intervention chirurgicale subie par le ministre à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo en présence de son médecin privé personnel.
S’adressant à l’express, Baboolall a dénoncé la situation comme incompatible avec le principe d’égalité de traitement au sein du système hospitalier public, réclamant une enquête indépendante sur les règles appliquées et les autorisations accordées.
Il s’est interrogé sur le fait qu’un « Mauricien ordinaire » aurait-il bénéficié des mêmes privilèges, soulevant des inquiétudes quant à d’éventuels abus de pouvoir ministériel.
« Combien d’observateurs privés disposent de cet accès privilégié aux blocs opératoires des hôpitaux publics ? » a-t-il demandé, remettant en question l’existence de protocoles établis au sein du Conseil médical pour de telles circonstances.
La controverse a éclaté suite à un article publié dimanche par Week-End détaillant l’hospitalisation d’un ministre dans une structure publique, aux côtés de son médecin du secteur privé.
Bachoo, qui n’avait pas été nommé au départ, a ensuite confirmé son identité dans une publication sur Facebook, précisant qu’il avait subi une opération « il y a quelques semaines » à l’hôpital Jeetoo.
Bachoo a fortement démenti que son praticien privé, le Dr Sookha, ait effectué l’opération. Il a soutenu que l’intervention a été réalisée par un chirurgien de l’hôpital public, tandis que le Dr Sookha—son médecin traitant depuis une décennie—était présent strictement en tant qu’« observateur » à la demande du chirurgien de l’hôpital pour assurer la continuité des soins.
Bachoo a affirmé que les dispositions nécessaires avaient été prises et « scrupuleusement respectées » par le ministère de la Santé, décrivant la présence de médecins privés en tant qu’observateurs pour leurs patients comme une « pratique courante ».
Cependant, le personnel hospitalier cité par Le Mauricien contestait le récit du ministre, alléguant que le médecin privé n’était pas un simple observateur mais avait activement participé à l’opération.
Ils ont laissé entendre que le registre du bloc opératoire et les témoignages oculaires pourraient établir avec précision les responsabilités.
Bien que ces allégations demeurent non vérifiées de manière indépendante, des sources du ministère de la Santé notent plusieurs questions en suspens :
- Renseignements officiels : Le Dr Sookha est-il officiellement enregistré dans les notes chirurgicales et les registres du bloc opératoire, et son rôle y est-il explicitement défini ?
- Protocole et autorité : Comment les désaccords, les complications ou les interventions sont-ils gérés lorsque la présence d’un observateur privé est présente, et sous l’autorité de qui opèrent-ils ?
- Procédures opérationnelles : Dans quelle mesure les chirurgiens publics opèrent-ils sous le nom ou la responsabilité des chirurgiens privés, et quels détails exacts entourent le transport du ministre par ambulance vers l’hôpital et depuis l’hôpital ?
- Précédent : Des données établissant combien de fois des chirurgiens privés ont été autorisés dans les blocs opératoires publics au cours des deux dernières années.
Pour Baboolall, la controverse dépasse la conduite personnelle du ministre et s’attaque au cœur même de l’égalité d’accès aux soins publics et à la confiance institutionnelle.
Le gouvernement est désormais confronté à une pression croissante pour clarifier si un patient sans privilèges aurait reçu les mêmes dispositions.