Les médecins généralistes du service public de santé dénoncent vigoureusement une nouvelle proposition visant à réformer leurs horaires de travail, critiquant le ministère de la Santé pour son absence totale de consultation préalable et pour le manque de transparence.
La proposition controversée, portée par la signature du Directeur général principal (DGP) du ministère, vise à réviser les horaires de travail.
Selon les praticiens concernés, l’objectif fondamental des changements est principalement de réduire les heures supplémentaires, sur lesquelles nombre d’entre eux comptent pour joindre les deux bouts.
Le système de garde proposé
Selon le texte, les médecins affectés aux Urgences et aux unités de soins aigus, ainsi que dans des unités médicales et chirurgicales spécialisées, font face à des horaires éprouvants :
- Garde de jour/soirée (« Long Shift »): De 8 h à 19 h.
- Garde du soir: De 19 h à 8 h le lendemain matin (incluant une pause dîner d’une heure et deux heures de repos).
- Structure précédente des gardes: Actuellement, dans le cadre d’un système déjà critiqué, les médecins généralistes effectuent une garde de 24 heures sur appel, suivie de deux jours de congé, en rotation entre 9 h–16 h et 16 h–9 h pour les gardes nocturnes.
- Nouvelle garde courte: Conçue pour les départements spécialisés et les établissements de santé non hospitaliers — tels que les Centres de Santé de la Zone, les Centres de Santé Communautaires et les médi-cliniques —, se déroulant de 8 h à 16 h les jours ouvrables, et de 8 h à midi le samedi.
Un membre syndical a noté que si les médecins généralistes restent des travailleurs en poste de 40 heures par semaine dans le nouveau cadre, l’allongement pur et simple des gardes proposées crée de graves complications, et un représentant du Syndicat des Médecins de Santé Publique avertit que la nouvelle formule élimine complètement « le temps de repos ».
Impact sur la vie familiale et le moral
Les praticiens avertissent que l’organisation manque de bon sens, affecte gravement la vie sociale et familiale et brise l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Le docteur Meetheelesh Abeeluck a averti que la mesure risque de créer deux catégories distinctes de personnel, générant une frustration généralisée et apparaissant comme des propositions « erronées ».
Il soutient qu’au lieu de favoriser un environnement de travail propice, le ministère démotive activement le personnel.
« Plutôt que d’avoir davantage de médecins à l’avenir, il y en aura moins, car beaucoup ont exprimé le souhait de se spécialiser afin de quitter le service public », a déclaré le Dr Abeeluck, ajoutant que le ministère a tourné une oreille sourde aux propositions des syndicats de la santé publique.
De plus, des sources syndicales notent que certains médecins généralistes craignent que les changements n’affectent négativement leurs finances en réduisant les heures supplémentaires lucratives.
Allégations d’ingérence ministérielle
La frustration s’est transformée en préoccupations de gouvernance. Un syndicat représentant les médecins communautaires affirme que certaines propositions proviennent directement des conseillers du ministre de la Santé et ont été mises en œuvre sans consultation préalable avec les cadres techniques.
Insistant sur le fait que les décisions devraient provenir des Directeurs généraux des Services de Santé, le syndicat a déclaré : « Les conseillers peuvent conseiller le ministre, mais pas le ministère. »
L’organisme a dénoncé ce qu’il considère comme une ingérence généralisée de la part de conseillers qui « ne comprennent pas grand-chose au travail réel des praticiens », nourrissant l’impression que les cadres supérieurs redoutent d’affronter les représentants syndicaux.
Date limite et prochaines étapes
La circulaire stipule que le personnel concerné dispose jusqu’au 21 septembre pour soumettre ses avis et commentaires.
Les syndicats soutiennent que l’approche appropriée serait de réunir les représentants autour d’une table pour écouter toutes les parties prenantes.
Entre-temps, les tentatives pour joindre l’Association des médecins et des agents de santé (MHOA) — le syndicat des médecins généralistes — sont restées sans réponse, bien que des informations indiquent qu’une conférence de presse sera organisée dans les prochains jours.