L’agence de notation Moody’s Investors Service a maintenu la note souveraine de Maurice à Baa3, avec une perspective négative, malgré la reconnaissance des efforts du gouvernement pour remettre les finances publiques sur les rails dans le cadre du budget 2026–2027.
Alors que le budget marque un tournant dans la stratégie budgétaire du pays, Moody’s demeure prudent, avertissant de vulnérabilités économiques sous-jacentes et de risques politiques importants qui pourraient entraver la mise en œuvre.
La perspective négative s’inscrit malgré une amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques.
Le déficit budgétaire devrait se situer à 3,7 % du PIB contre 6 % l’année précédente, tandis que la dette publique devrait se stabiliser et reculer à 85,5 % du PIB, après avoir approché les 90 %.
Moody’s attribue cette amélioration à un virage loin de l’austérité généralisée vers un système fiscal plus progressif et à une base d’imposition élargie.
Cependant, l’agence de notation souligne qu’une part importante de ce redressement budgétaire repose largement sur des recettes exceptionnelles attendues de l’accord relatif à l’archipel des Chagos.
Moody’s avertit que sans ces fonds, le déficit budgétaire resterait proche de 5 % du PIB.
Parmi les risques supplémentaires identifiés figure la réforme des retraites, extrêmement sensible, qui transforme la pension universelle en une allocation axée sur les revenus.
Moody’s note que cette mesure pourrait rencontrer une forte opposition publique et compliquer sa mise en œuvre.
En outre, l’agence a exprimé des préoccupations au sujet d’une nouvelle tranche d’imposition de 35 % pour les revenus supérieurs à Rs 12 millions.
Bien que destinée à accroître les recettes, Moody’s a averti que cela pourrait diminuer l’attractivité de Maurice pour les investisseurs, les entrepreneurs et les professionnels hautement qualifiés qui jouent un rôle crucial dans la stratégie du gouvernement visant à se tourner vers des secteurs à forte valeur ajoutée et technologiques.
Pour élargir l’assiette fiscale, le budget abaisse le seuil obligatoire de TVA de Rs 6 millions à Rs 3 millions, faisant entrer davantage d’entreprises dans le filet fiscal.
Il impose également aux plateformes de services numériques étrangères de collecter la TVA à Maurice et introduit une retenue d’impôt de 5 % sur certaines dépenses publicitaires sur les réseaux sociaux.
Parallèlement, le gouvernement a mis en place plusieurs incitations à l’investissement. Celles-ci incluent une exonération fiscale de dix ans pour les nouvelles startups, des crédits d’impôt pour le secteur manufacturier et des incitations destinées aux entreprises de technologies vertes.
Malgré ces mesures de soutien, Moody’s a conclu que la croissance économique de Maurice pourrait encore être freinée par des pressions externes et internes, citant notamment les tensions géopolitiques, une roupie mauricienne faible et un ralentissement du commerce mondial.