Diego Garcia: L'entrée d'un tribunal britannique sur le territoire britannique bloquée par les Etats-Unis

Plaidoyer de Tom Short, avocat du cabinet britannique Leigh Day qui représente certains migrants pour que cette audience soit réorganisée le plus rapidement possible.
Diego Garcia: L'entrée d'un tribunal britannique sur le territoire britannique bloquée par les Etats-Unis

Le gouvernement américain a empêché une audience d'un tribunal britannique d'avoir lieu sur un territoire britannique, invoquant des problèmes de sécurité, selon des documents judiciaires, rapporte la BBC, dans l’après-midi de ce mardi 9 juillet.

La Cour suprême du British Indian Ocean Territory (BIOT) devait tenir cette semaine une audience, en présence de la BBC, en vue de déterminer si un groupe de migrants srilankais était illégalement détenu sur l'île de Diego Garcia. L'annulation de l'audience de cette semaine a été « un coup dévastateur pour nos clients vulnérables », s’insurge Tom Short, un avocat du cabinet britannique Leigh Day qui représente certains migrants, rapporte la BBC. Il a fait un plaidoyer pour que ladite audience soit réorganisée le plus rapidement possible. Réagissant à cette démarche des Américains, certains milieux politiques et l’opinion publique dénonce la démagogie des protagonistes sur le dossier des Chagos.

L'annulation de l'audience de cette semaine a été « un coup dévastateur pour nos clients vulnérables »
Tom Short

Le journal rappelle que des dizaines de migrants sont arrivés sur l'île en octobre 2021, affirmant qu'ils “fuyaient les persécutions et tentaient de se rendre au Canada pour demander l'asile lorsque leur bateau a rencontré des problèmes près de Diego Garcia.”

Il est souligné que Diego Garcia abrite “une base militaire secrète entre le Royaume-Uni et les États-Unis et son accès est fortement restreint.”

A la lumière des communications du 3 juillet, intitulées « Notification des États-Unis au Royaume-Uni concernant le refus de la visite de la Cour suprême du BIOT à Diego Garcia du 6 au 12 juillet 2024 », indique la BBC, les autorités américaines ont déclaré que la visite sur place « présente des risques pour la sécurité et l'efficacité du fonctionnement » de la base militaire.

De même, des documents judiciaires déposés au nom du commissaire de BIOT indiquent que l’évaluation du commandant militaire américain sur l’île était « confidentielle et basée sur l’évaluation par les États-Unis de leurs propres besoins en matière de sécurité nationale ».

Les États-Unis ont déclaré la semaine dernière qu'ils "retiraient leur consentement" à ce que les avocats représentant les migrants et les "membres de la presse" - la BBC - accèdent à l'île, selon des documents judiciaires.

Ils n'autoriseraient pas les participants à l'audience à embarquer sur des vols militaires américains à destination de Diego Garcia, et qu'ils ne fourniraient pas de transport, d'hébergement ou de nourriture sur l'île jusqu'à ce que ses « problèmes de sécurité et opérationnels soient correctement résolus », a déclaré un témoin du commissaire adjoint de BIOT. Les États-Unis ont déclaré qu'ils seraient « disposés à reconsidérer » les demandes si la visite pouvait être « menée d'une manière » qui répond à leurs préoccupations, ajoute le communiqué.

Dans la soirée de jeudi dernier, quelques heures avant que le juge, les avocats du gouvernement britannique, les représentants des migrants et la BBC ne montent à bord des vols pour la première étape du voyage, le tribunal a rendu une ordonnance annulant l'audience.

Les préoccupations des États-Unis en matière de sécurité concernent une visite sur place prévue sur l'île dans le cadre de l'audience, qui devait inclure le camp de migrants et plusieurs autres zones de Diego Garcia.

Selon la BBC, des documents judiciaires déposés au nom du commissaire de BIOT indiquent que l’évaluation du commandant militaire américain sur l’île était « confidentielle et basée sur l’évaluation par les États-Unis de leurs propres besoins en matière de sécurité nationale ».

Mention est faite d’une audience virtuelle du tribunal, mardi, à laquelle ont participé des avocats à Londres et des migrants à Diego Garcia, qui a cherché à déterminer les prochaines étapes de l'affaire alors que les discussions se poursuivent entre les gouvernements britannique et américain.

La Grande-Bretagne a pris le contrôle des îles Chagos, dont fait partie Diego Garcia, depuis sa colonie d'alors, Maurice, en 1965. Elle a ensuite expulsé sa population de plus de 1 000 personnes pour faire place à la base militaire”, écrit la BBC.

Il est souligné que les accords signés en 1966 prévoyaient une période initiale d'utilisation du territoire par les États-Unis pendant 50 ans, plus 20 ans supplémentaires.Mention est faite que l’accord a ensuite été « reconduit » en 2016 et expire désormais en 2036, selon le site Internet de BIOT.

“Maurice, qui a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1968, maintient que les îles lui appartiennent et la plus haute cour des Nations Unies a statué que l'administration britannique du territoire est « illégale » et doit cesser”, souligne la BBC.

Diego Garcia a été décrit comme une base stratégique importante pour les États-Unis, indique le journal. “Plus tôt cette année, deux bombardiers B-52 y ont été envoyés pour des exercices d'entraînement. Au cours des dernières décennies, des avions américains ont été envoyés depuis cette base pour bombarder l’Afghanistan et l’Irak”, révèle la BBC.

Des dizaines de Tamouls sri lankais ont débarqué sur l’île en octobre 2021, devenant ainsi les premiers à déposer une demande d’asile à BIOT. Une soixantaine de personnes, dont au moins 16 enfants, y restent alors que des batailles juridiques complexes se déroulent concernant leur sort.

Ils sont hébergés sous des tentes dans un camp clôturé, gardé par la société de sécurité privée G4S.

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