Maurice : la vigilance climatique s'impose

Le moment n’est pas aux guéguerres politiques et autres luttes de pouvoir. Le changement climatique « pa get figir ». La fourniture d’eau demeure une préoccupation citoyenne.
Maurice : la vigilance climatique s'impose

Les Mauriciens se sont réveillés ce matin avec un nouveau mot dans leur vocabulaire climatique : « veille ». En effet, Météo Maurice a émis un avis de vigilance, appelé « veille de fortes pluies », qui précède généralement l’avis de fortes pluies. Nous devons donc « veiller », c’est-à-dire être sur nos gardes et prendre nos précautions. Si de petits plaisantins en ont profité pour faire des jeux de mots sur le terme « veille », assimilé dans le langage mauricien au jour qui précède le jour où on se trouve, il n’en demeure pas moins vrai que la vigilance climatique est bel et bien entrée dans nos mœurs.

Le climat change depuis de nombreuses années. La faute au réchauffement climatique, qui entraîne, entre autres, une hausse de la température globale et des bouleversements énormes sur notre environnement, tels que la montée du niveau des océans, la fonte des neiges et des glaciers, la diminution des pluies terrestres, l’amoindrissement de nos ressources en eau, les feux de forêts, la déforestation grandissante, la sècheresse, les inondations, etc. Ajouté à cela, la surexploitation des énergies fossiles comme le pétrole, le charbon, les gaz naturels provoque l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les énergies fossiles sont responsables à elles seules de plus de 70 % des émissions mondiales des gaz à effet de serre.

Toute la population mondiale se retrouve menacée par le changement climatique. Cependant, notre petite île Maurice figure parmi les pays les plus vulnérables. Nous sommes un petit Etat insulaire en développement et notre territoire, dont nos zones côtières, se retrouve en première ligne de la menace climatique. Pourtant, Maurice n’est pas parmi les pays les plus pollueurs de la planète. Cependant, nous subissons de plein fouet les conséquences.

Nos parents et nos grands-parents le savent : en fin d’année et en début d’année, il pleuvait généralement des cordes vingt à trente ans de cela. Puis, petit à petit, la pluviométrie, les pluies d’été, se sont faites rares et les chiffres annuels ont commencé à baisser. Tous les réservoirs du monde, voire le meilleur réseau de distribution d’eau ne vaudront rien s’il ne pleut pas. Et il ne pleut plus, ou presque plus depuis plusieurs semaines. La faible pluviométrie du moment suffit juste à arroser la terre et les surfaces. Nos réservoirs sont presqu’à sec et s’il ne pleut pas d’ici fin février, nous serons face à une catastrophe nationale.

Faut-il investir dans la construction d’autres réservoirs ou de barrages hydrauliques ? Faut-il aller vers le dessalement de l’eau de mer à une plus grande échelle ? Trouver d’autres sources aquifères et d’autres nappes phréatiques ? Rénover le réseau d’eau potable actuel ? Agrandir les réservoirs existants ? La réponse est évidente. Le réchauffement climatique va s’amplifier dans les années à venir. Notre climat tropical, déjà affecté, va être encore plus secoué. Le développement socioéconomique du pays va ajouter encore plus de pression sur nos demandes en eau. Il nous faut donc trouver des parades rapides et efficaces pour contrer le manque d’eau dans le pays.

Nos décideurs du public et du privé doivent agir. Il nous faut des solutions à court et moyen termes. Le moment n’est pas aux guéguerres politiques et autres luttes de pouvoir. Le changement climatique « pa get figir ». La fourniture d’eau demeure une préoccupation citoyenne et si on ne fait rien maintenant, nos prochaines générations vont en pâtir. Il y a urgence en matière de vigilance climatique.

Sunil Gohin

CEO de Wazaa FM et d’Inside News

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