Quatre chercheurs évaluent les risques d’inondation côtière et la vulnérabilité des infrastructures à l’Île Maurice

19 septembre 2026

Un Indice de Vulnérabilité Côtière (CVI) complet, conçu pour protéger les infrastructures critiques de l’île, les communautés locales, les réseaux de transport et les atouts du tourisme contre des menaces climatiques croissantes, a été dévoilé jeudi 17 septembre.

Le lancement s’est déroulé lors de l’atelier intitulé « Cartographier le risque côtier, construire la résilience : révéler l’Indice de Vulnérabilité Côtière à Maurice » sur le campus Bel-Air de l’Université des Mascareignes (UdM).

Financée par la Coalition pour des infrastructures résilientes face aux catastrophes (CDRI) dans le cadre du projet EcoShield, l’initiative allie des données SIG à haute résolution, une cartographie satellitaire et des paramètres environnementaux locaux.

En analysant l’élévation du niveau de la mer, les inondations côtières, l’érosion littorale, l’action des vagues et les dynamiques de surcote lors des tempêtes, EcoShield identifie scientifiquement les zones prioritaires à haut risque le long du littoral mauricien.

Passer du diagnostic à l’action
Dr. Jay Doorga, chef de projet du Laboratoire Terre et Océan à l’Université des Mascareignes, a déclaré que l’étude évalue une large gamme de stratégies d’adaptation.

Celles-ci vont de solutions fondées sur la nature — telles que la réhabilitation des mangroves, la protection des récifs coralliens et la restauration des herbiers marins — à des ingénieries dures ciblées et à des structures hybrides adaptées à des profils côtiers spécifiques.

Plus crucial encore, l’initiative examine les cadres juridiques, institutionnels et politiques nécessaires pour transformer ces options d’ingénierie et écologiques en actions contraignantes, a noté le Dr Doorga, en insistant sur l’intégration des droits environnementaux, des lois d’aménagement du territoire et des mécanismes de gouvernance dans les cadres nationaux d’adaptation.

Au final, le projet fait le pont entre des sciences spatiales de pointe, l’ingénierie pratique et les politiques juridiques afin de fournir aux décideurs et aux parties prenantes locales une feuille de route claire et opérationnelle pour la résilience de l’île.

Programme de l’atelier et discussions clés
Les activités de la journée comportaient des présentations menées par des experts et des tables rondes collaboratives impliquant des acteurs clés issus de la recherche, des fondations environnementales et du secteur privé :

Projection documentaire : une vidéo sur l’évaluation de la vulnérabilité côtière à Maurice, présentée par l’équipe de recherche du Laboratoire UdM-EO.

Présentation phare : « Développement d’un indice de vulnérabilité côtière pour Maurice et trajectoires des stratégies d’adaptation » par le Dr Jay Doorga.

Table ronde 1 — Travailler ensemble pour protéger nos plages : animée par le Dr Jay Doorga, avec le Dr Olivier Pasnin (Directeur de l’Odysseo Marine Foundation), Ali Abdool (Responsable durabilité chez Sunlife Hotel Group) et le Dr Rajiv Bheeroo (Directeur de Coastal Specialists Ltd).

Exposé sur l’évaluation des infrastructures : « Évaluation du risque d’inondation côtière : vulnérabilité des bâtiments et des infrastructures sur le littoral mauricien » présenté par les chercheurs du Laboratoire Terre et Océan Sadien Murughen, Abdallah Peerally, Shoaib Casseem et Olivier Maigre.

Table ronde 2 — Ingénierie, nature et communautés au service du littoral : animée par le Dr Jay Doorga, avec Sachooda Ragoonaden (Vice-Président de l’Association pour le Développement Durable), Murali Krishna Appandi (Fondateur de Savetheblu) et Mishaal Khadaroo (Ingénieur des risques d’inondation chez SETEC).

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.