Quatre questions urgentes sur la hausse des taux du dispositif de prêts, des femmes entrepreneures protestent

14 septembre 2026

Des femmes entrepreneures expriment leur indignation face à la suppression brusque et aux conditions révisées du Programme de Prêts à l’Entrepreneuriat Féminin, qui avait été initialement introduit dans le cadre du budget 2025–26.

Les femmes entrepreneures concernées contestent une forte hausse des taux d’intérêt des prêts et exigent des éclaircissements urgents du ministère des Finances concernant les demandes en cours déposées via la Development Bank of Mauritius (DBM).

Au cœur du différend se trouve un changement majeur des conditions financières. Le dispositif initial proposait des prêts jusqu’à 1,2 million de roupies à un taux concessionnel de 0,5 %. Dans le cadre révisé, la DBM applique désormais un taux d’intérêt de 4,75 %.

La contestation s’est amplifiée chez les demandeuses dont les dossiers étaient déjà complets et en attente d’approbation avant la présentation du budget 2026–27.

Une candidate a noté qu’elle a soumis sa demande le 19 mai et a complété toutes les formalités auprès de la DBM d’ici le 25 juin, laissant son dossier entièrement complet et en attente d’approbation.

Pourtant, la DBM l’a informée que les nouvelles conditions s’appliquaient parce que son dossier n’avait été révisé qu’en interne en juillet.

Cela a déclenché un débat plus large sur la question de savoir si les conditions de prêt applicables doivent être déterminées par la date à laquelle une demande est introduite et complétée par le postulant, ou par la date à laquelle la DBM accorde son approbation interne.

En réponse à ces évolutions, les entrepreneures concernées ont adressé quatre questions clés au ministère des Finances, qui supervise la DBM :

  • Le ministère a-t-il émis des instructions ou des politiques de transition pour les demandes du dispositif déjà en cours avant le budget ?
  • La date exacte d’entrée en vigueur du nouveau régime et le traitement précis réservé aux demandes complétées avant cette date.
  • Clarification sur l’origine de la règle administrative indiquant que « la date d’approbation détermine le dispositif applicable », provient-elle directement du ministère des Finances ou de la DBM elle-même ?
  • Le ministère a-t-il modifié le cadre réglementaire ou administratif pour permettre à l’institution d’imposer de nouvelles conditions sur des dossiers déjà complétés ?

Au-delà des cas individuels, la controverse met en lumière des préoccupations plus générales concernant la sécurité juridique et la prévisibilité des mécanismes de soutien public à l’entrepreneuriat féminin.

Les bénéficiaires ayant entamé des procédures sur la base de conditions spécifiques exigent des réponses sur la question de savoir si les conditions initiales doivent rester légalement applicables jusqu’à ce que la demande aboutisse, ou si les critères peuvent être modifiés en cours de procédure.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.