Les limites de vitesse sur le réseau autoroutier mauricien font l’objet d’une évaluation technique exhaustive et immédiate, suite à une frustration généralisée des conducteurs face à des baisses de vitesse soudaines sur les autoroutes M1, M2 et M3 et d’autres axes routiers majeurs.
Cette révision, ordonnée par le ministre des Transports, Osman Mahomed, et menée par l’Unité de Gestion du Trafic et de la Sécurité Routière (TMRSU), vise à établir des limites de vitesse qui soient sûres, cohérentes, crédibles et adaptées à la conception réelle des routes et aux conditions effectives de circulation.
S’exprimant sur l’initiative, M. Mahomed a dévoilé que la limitation à 40 km/h sur les bretelles et rampes d’accès des autoroutes — en place depuis plus d’une décennie — n’était ni fondée sur des normes d’ingénierie reconnues ni étayée par des bases juridiques actives.
Il a assuré au public que les préoccupations des conducteurs avaient été entendues, notamment dans le cadre de l’introduction du Système de Points de Penalité, qui attribue des points de pénalité pour les infractions de vitesse en parallèle des amendes existantes, lesquelles n’ont pas été augmentées.
« Bien que la priorité absolue de mon ministère reste la réduction des pertes en vies humaines sur nos routes, les experts du TMRSU reconnaissent également que des réductions de vitesse soudaines ou injustifiées peuvent provoquer des perturbations de circulation inutiles, susciter la frustration des conducteurs et, dans certains cas, compromettre la sécurité routière », a déclaré M. Mahomed.
L’évaluation sur le terrain à l’échelle nationale sera achevée d’ici une semaine, après quoi un rapport technique détaillé incluant des recommandations spécifiques sera soumis.
Premières modifications et audits en cours
D’accord avec l’Autorité de Développement Routier (RDA), le TMRSU procède actuellement à l’audit de toutes les zones à 40 km/h situées sur les bretelles, les tronçons de fusion et de divergence, ainsi que sur les voies d’accélération et de décélération des échangeurs à niveau séparé le long des M1, M2 et M3. Lorsque les modifications sont techniquement et en sécurité justifiables, la signalisation est retirée ou remplacée immédiatement.
Les évaluations initiales ont déjà entraîné le retrait des panneaux de limitation à 40 km/h à plusieurs emplacements stratégiques, notamment :
- La voie de décélération à Mare d’Albert
- Les voies d’accélération à l’échangeur Phoenix Pont-Fer
- Les bretelles de l’échangeur La Vigie en trompette
Les limitations de vitesse sur les bretelles dans environ une quinzaine d’autres sites sont prévues pour être revues dans les prochains jours.
Suite à ces retraits, le TMRSU surveillera de près les conditions de circulation afin d’apporter d’autres ajustements si nécessaire.
Pour aider les automobilistes, des panneaux de signalisation directionnelle avancés sont installés bien avant les entrées des bretelles. Les conducteurs sont invités à faire preuve de prudence et à ajuster progressivement leur vitesse lors de l’entrée ou de la sortie des autoroutes.
Litige relatif à la limite à l’échangeur d’Ébène
Le ministre a également abordé les plaintes en cours concernant l’échangeur d’Ébène à niveau séparé, achevé en 2024.
Le consultant en conception pour la RDA avait initialement fixé une limitation à 60 km/h sur l’axe M3–A14 en direction de Rose-Hill, entre l’autoroute M3 près du Centre des Congrès Trianon et la route A14 près du Core Building à Ébène.
À la suite de la réaction des automobilistes, le TMRSU a officiellement demandé, en janvier 2026, à la RDA d’élever la limite de vitesse à 80 km/h.
Cependant, en mars 2026, la RDA a recommandé de maintenir le seuil de 60 km/h, estimant qu’une augmentation serait incompatible avec les caractéristiques géométriques du corridor et ses paramètres opérationnels.
Réitérant l’engagement du gouvernement à concilier sécurité routière et mobilité efficiente, M. Mahomed a déclaré que fonder les limites de vitesse sur des bases techniques solides renforcerait la confiance du public, améliorerait le respect des règles et offrirait des trajets plus sûrs et plus fluides pour tous les usagers de la route à Maurice.