Tribeca Fun Park confronté à un avis d’exécution de 30 jours après des manquements au permis

30 juillet 2026

Le parc d’attractions Fun Park, situé à Tribeca, a temporairement suspendu ses activités suite à un communiqué publié mardi 28 juillet, en collaboration avec les autorités compétentes, en attendant la délivrance d’un Permis de Construction et d’Utilisation des Sols (BLUP) modifié.

Cette décision intervient à la suite d’une coupure d’alimentation de trois minutes survenue le 22 juillet et d’un débat animé à l’Assemblée nationale concernant la conformité réglementaire du site et les vérifications de sécurité.

La direction du parc a assuré que la fermeture temporaire a été prise en attendant l’approbation des modifications, et que la sécurité de ses installations n’a jamais été compromise.

Débat parlementaire et historique des permis

L’affaire est montée au niveau national suite à une question parlementaire posée par le député Ehsan Juman au ministre du Gouvernement local, Ranjiv Woochit. Les discussions ont tourné autour des autorisations d’exploitation du parc et de la récente défaillance électrique.

Le ministre Woochit a informé le Parlement que le promoteur, MS Property Ltd, avait soumis trois demandes de BLUP via le Système national de délivrance électronique des licences (NELS).

Les deux premières soumissions, effectuées le 10 octobre et le 5 décembre 2025, ont été rejetées pour informations incomplètes. Une troisième demande, contenant tous les documents requis, a été déposée le 10 février 2026.

La proposition de projet initiale couvrant environ 1 123 mètres carrés comprenait :

  • Trois attractions
  • Un système de billetterie automatisé
  • Un système de drainage et d’évacuation des eaux
  • Des camions-restaurants, des toilettes, des guichets, des bureaux et des salles de contrôle

Durant le processus d’évaluation, plusieurs organismes ont été consultés, notamment l’Autorité centrale de l’eau (CWA), l’Autorité de gestion des eaux usées (WMA), le Ministère de l’Infrastructure nationale, le Ministère du Travail, l’Autorité de développement routier (RDA) et l’Unité de gestion du trafic et de la sécurité routière (TMRSU).

Le ministre Woochit a noté que la Section Génie mécanique du Ministère de l’Infrastructure nationale manquait de l’expertise nécessaire pour évaluer ce type de manèges.

En conséquence, la responsabilité de la conception mécanique des installations a été confiée à un consultant nommé par le promoteur.

Parallèlement, le Ministère du Travail a souligné que, en vertu de la Loi sur la sécurité et la santé au travail de 2005, le promoteur est tenu d’assurer la sécurité des travailleurs pendant l’installation, bien qu’il n’existe pas de normes nationales spécifiques pour ce type d’équipement.

Suite à la soumission de plans révisés et de documents additionnels, la Commission municipale des permis a approuvé la demande BLUP le 18 mars 2026, sous réserve de diverses conditions générales et spécifiques.

Inspection déniche une expansion non autorisée

Une condition primordiale du BLUP exigeait que le promoteur obtienne un Certificat d’Occupation avant de démarrer les opérations commerciales. Or, lors d’une visite du site le 3 juillet 2026, les inspecteurs municipaux ont constaté que Fun Park avait déjà commencé ses activités sans le certificat obligatoire.

L’inspection a révélé plusieurs écarts entre les plans approuvés et l’installation réelle sur site :

  • Deux attractions supplémentaires avaient été installées
  • Une scène pour des performances musicales en direct avait été érigée
  • Deux générateurs étaient présents sur le site
  • Sept conteneurs supplémentaires avaient été ajoutés pour abriter un poste de sécurité, des salles de surveillance CCTV, des guichets supplémentaires et des points de vente alimentaires

En réponse à ces non-conformités, la Municipalité de Curepipe a publié un Avis d’exécution le 23 juillet 2026, ordonnant un arrêt immédiat des travaux et le démantèlement des structures non autorisées dans un délai de 30 jours. L’affaire a depuis été renvoyée à des conseillers juridiques municipaux.

Enquête sur la panne d’électricité

Concernant la perte d’alimentation de trois minutes du 22 juillet, le ministre Woochit a précisé que la Central Electricity Board (CEB) a confirmé qu’il n’y avait pas de pannes ni de coupsures sur le réseau de la zone. Le parc fonctionnait entièrement sur des générateurs privés.

Selon les explications fournies par le promoteur lors d’une inspection, l’éclairage extérieur et les installations principales étaient alimentés par un générateur principal, tandis que les zones de restauration fonctionnaient sur un deuxième générateur. Une défaillance technique a provoqué cette coupure de trois minutes.

Les opérateurs ont réagi rapidement pour aider les visiteurs, et le problème a été résolu sans délai.

Les inspecteurs ont relevé la présence d’extincteurs, d’un clôturage métallique sécurisé et d’une ambulance fournie par St George pendant les heures d’activité. Aucune plainte n’a été déposée auprès de la police suite à l’incident.

La direction du Fun Park défend son bilan de sécurité

Quelques heures après la session parlementaire, la direction de Fun Park a publié un communiqué réaffirmant que toutes les validations de sécurité requises, y compris les approbations en matière de sécurité incendie, avaient été obtenues avant l’ouverture.

La direction a indiqué que l’ensemble des attractions opérationnelles et des structures avaient été inspectées et certifiées par un ingénieur mauricien autorisé, conformément à la norme européenne EN 13814 — référence internationale en matière de sécurité des parcs d’attractions.

Ils ont expliqué que des modifications avaient été apportées pour enrichir l’offre de divertissement, ce qui a motivé leur demande d’un BLUP modifié.

Ils ont insisté sur le fait que, à aucun moment, la sécurité des équipements n’a été remise en question, mais ont choisi de suspendre temporairement les opérations en attendant le permis modifié.

Appels à une conformité plus stricte

Le député Ehsan Juman a demandé des éclaircissements supplémentaires, notant une éventuelle contradiction concernant la panne électrique. Il a suggéré que des systèmes de sécurité ou de protection automatiques auraient pu se déclencher lors de l’incident, immobilisant les attractions.

Tout en saluant l’investissement privé comme un ajout positif au secteur des loisirs du pays, Juman a insisté pour que la sécurité publique demeure la priorité absolue.

Il a soutenu que les autorités doivent s’en remettre à des ingénieurs qualifiés compte tenu de leurs propres limites techniques, et souligné que toutes les vérifications de sécurité et toutes les exigences relatives au permis devraient être entièrement satisfaites avant l’ouverture au public d’un lieu, même si cela prend plus de temps.

Dans des propos complémentaires, le ministre Woochit a confirmé avoir demandé une certification complète pour toutes les machines du Fun Park, parallèlement à un plan d’aménagement modifié.

De plus, le ministre a déclaré que Fun Park doit soumettre un plan d’évacuation et réaliser des exercices d’incendie obligatoires avec le personnel. D’autres documents relatifs aux mesures de sécurité sur le site ont également été demandés.

À la demande de commentaires supplémentaires, la direction de Fun Park a décliné d’ajouter quelque chose à sa déclaration du 28 juillet.

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.