Une hausse maximale du prix du carburant appliquée à l’île Maurice a suscité de vives critiques de la part des syndicalistes et des analystes financiers, qui avertissent que cette mesure provoquera immédiatement un choc d’approvisionnement, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages et accélérant l’inflation sur l’ensemble de l’île.
La décision d’augmenter les prix du carburant — partiellement justifiée par les autorités invoquant un déficit du Fonds de Stabilisation de la State Trading Corporation (STC) et les tensions persistantes sur les marchés mondiaux — a été vivement condamnée par Haniff Peerun du Mauritius Labour Congress (MLC).
Peerun a qualifié d’« aberrant » le fait de s’appuyer sur le déficit du Fonds de Stabilisation pour justifier cette hausse, comparant cette approche à « tenter de remplir une poche qui a un trou ».
Il s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles les taxes sur les produits pétroliers n’ont pas été réduites afin de soutenir le public, étant donné que des facteurs externes tels que la volatilité des marchés internationaux et les conflits dans la région du Golfe poussent les coûts à la hausse.
Il a averti que chaque hausse des prix du carburant déclenche un effet domino sur les transports, le fret, la production, la distribution et, finalement, le prix de détail des biens essentiels, laissant les citoyens ordinaires à en assumer la facture.
Exigeant une transparence totale, le dirigeant du MLC a appelé le STC à divulguer le détail précis de la tarification — y compris les prix d’achat, le transport, le stockage, les taxes, les marges et les contributions au Fonds de Stabilisation — soutenant que le public a le droit de connaître le mécanisme exact utilisé à la pompe.
En plus de plaider pour une réduction des taxes sur les produits pétroliers, Peerun s’est interrogé sur la pertinence d’introduire une libéralisation régulée des importations pour favoriser une véritable concurrence entre opérateurs, ce qui serait bien plus avantageux pour les consommateurs.
Les analystes financiers ont exprimé de profondes inquiétudes quant à l’impact macroéconomique plus large, soulignant la tension croissante sur les dépenses des consommateurs :
- Inflation & Pression sur le pouvoir d’achat : Yohann Lanfray du CFA a noté qu’avec l’inflation de juillet déjà en hausse de 0,8 % pour atteindre 4,4 %, proche de la borne supérieure de la cible de la Banque de Maurice, la hausse du carburant resserre davantage les budgets des ménages et risque d’affaiblir la consommation globale. Bien que Lanfray reconnaisse que l’augmentation est raisonnable compte tenu des mouvements du pétrole brut international et des tensions géopolitiques, il soutient que la santé économique nationale dépend de la capacité à résister aux chocs pétroliers plutôt que de débattre de la possibilité d’éviter ces hausses.
- Choc d’approvisionnement direct : Amit Bakhirta d’Anneau a qualifié l’augmentation de choc d’approvisionnement direct pour Maurice, indiquant que des coûts de transport et de logistique plus élevés se répercutent rapidement sur les prix des biens de consommation courante, des services et de l’alimentation. Alors que les ménages doivent consacrer une part plus importante de leur revenu disponible aux services essentiels et aux déplacements quotidiens, les dépenses discrétionnaires devraient ralentir.
En regardant vers l’avenir, Bakhirta a averti que les prix domestiques du pétrole resteront fortement sensibles à la volatilité des marchés mondiaux du brut et à la dépréciation continue de la roupie mauricienne face au dollar américain.
À moins que l’importante déficit du STC Price Stabilisation Account ne soit pleinement épongé, les consommateurs devront se préparer à une pression à la hausse persistante ou à des prix de détail élevés prolongés plutôt qu’à un répit immédiat.