UKEF annonce une capacité de 5 milliards de livres sterling pour stimuler le développement économique mauricien

2 novembre 2026

UK Export Finance (UKEF), l’agence britannique de financement des exportations, a indiqué une appétence de risque de marché d’au moins 5 milliards de livres sterling (environ Rs 316,4 milliards) pour Maurice, ouvrant des perspectives potentielles pour soutenir le développement économique et industriel de l’île.

Cette capacité financière pourrait offrir de nouvelles perspectives aux entreprises mauriciennes cherchant à investir dans des équipements modernes, à accroître la production locale et à étendre leurs activités d’exportation.

Cependant, les détails officiels précisent que le chiffre de 5 milliards de livres ne représente pas un fonds réservé spécialement pour Maurice, ni une enveloppe automatiquement accessible pour les entreprises locales.

Au contraire, ce montant reflète le niveau d’exposition financière que l’UKEF est prête à envisager pour des transactions répondant à ses critères.

Rajesh Jeetah, haut-commissaire de Maurice au Royaume‑Uni, a déclaré que l’accent doit désormais être mis sur la conversion de cette capacité en initiatives économiques concrètes.

« Le défi consiste désormais à transformer cette capacité en investissements, partenariats commerciaux et projets générant une valeur économique durable pour Maurice », a expliqué M. Jeetah.

Expansion de la production locale et portée régionale

Une opportunité majeure réside dans le renforcement de la fabrication domestique et dans la réduction de la dépendance à certains imports. Des entreprises mauriciennes pourraient investir dans des technologies britanniques de pointe, notamment la robotique, les machines de précision, les systèmes automatisés et l’ingénierie spécialisée.

Ces investissements visent à accroître les capacités de production, à fabriquer des biens plus spécialisés et à orienter l’activité vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée.

« Lorsque les conditions économiques le permettront, un produit ou un composant actuellement importé à Maurice pourrait ainsi être fabriqué localement en utilisant des équipements ou technologies britanniques de pointe, avec la possibilité de desservir à la fois le marché mauricien et des clients en Afrique et dans la région de l’océan Indien », a noté M. Jeetah.

Cette perspective s’inscrit dans des discussions plus larges concernant l’évolution de l’économie mauricienne vers une production accrue tout en consolidant sa position de hub régional d’exportation.

Plusieurs secteurs clés devraient bénéficier de ces opportunités, notamment :

  • Industrie avancée et numérique : fabrication avancée, technologies numériques, intelligence artificielle (IA) et ingénierie spécialisée.
  • Énergie et durabilité : énergies renouvelables et stockage d’électricité par batteries.
  • Infrastructures et transport : infrastructures portuaires, transport et logistique.
  • Soins de santé : investissements hospitaliers et technologies médicales.

L’intégration de l’intelligence artificielle à travers des secteurs tels que la santé, les services financiers, la logistique et l’industrie s’aligne sur la Stratégie nationale de l’IA lancée en avril 2026.

Conditions de financement et critères d’éligibilité

Les mécanismes proposés par l’UKEF présentent des conditions spécifiques destinées à séduire les investisseurs. Les périodes de remboursement peuvent atteindre 15 ans, et jusqu’à 22 ans pour des secteurs tels que l’énergie renouvelable. Pour être éligibles, les transactions doivent comporter au moins 20 % de contenu britannique dans la valeur totale du contrat.

Travaillant aux côtés des banques commerciales, des acheteurs étrangers et des fournisseurs britanniques, l’UKEF soutient les opérations de commerce international par le biais de facilités structurées :

  • Garantie de prêt standard pour l’acheteur : couvre généralement les contrats d’une valeur comprise entre 1 million et 30 millions de livres.
  • Facilité de crédit acheteur : conçue pour accueillir des transactions de plus grande envergure.

Dans le cadre de ces dispositifs, les entreprises mauriciennes peuvent associer leurs plans d’investissement à l’acquisition d’équipements, de logiciels, de technologies, de services d’ingénierie ou de conseil spécialisés provenant du Royaume‑Uni. Chaque demande reste soumise à des évaluations financières, à une analyse de solvabilité, à la vérification de l’éligibilité et à une due diligence.

S’appuyer sur un précédent de 12 M£

La coopération avec l’agence britannique de financement des exportations est déjà en place. Une opération commerciale d’une valeur de 12 millions de livres impliquant Maurice a bénéficié du soutien d’UKEF au cours de l’exercice 2023–2024.

Le haut-commissaire Jeetah a souligné que cette transaction antérieure offre une base pratique pour les futures opérations.

« Ce précédent, avant tout, apporte une expérience concrète. Les futures transactions ne repartiront pas de zéro, offrant au marché une base plus solide pour envisager des opérations plus importantes et ambitieuses », a-t-il déclaré.

Reste une question ouverte quant à la qualification des projets actuellement dans le portefeuille du Economic Development Board (EDB). À ce stade, aucune confirmation que les projets EDB existants satisfont les critères de financement de l’UKEF, bien que certains puissent être envisagés s’ils intègrent du matériel, des technologies ou des services britanniques éligibles.

Focus sur la viabilité des projets

En dépit de l’importante capacité financière annoncée, l’absorption effective dépendra entièrement de la qualité et de la viabilité commerciale des propositions présentées par les investisseurs et les entreprises.

M. Jeetah a souligné la nécessité de structurer un portefeuille de projets robuste pour attirer les financements disponibles.

« La prochaine étape est de transformer cette prise de conscience en un véritable portefeuille de projets capables d’attirer l’investissement, et de rendre les démarches pour faire avancer ces projets aussi claires que possible », a-t-il déclaré.

Encourageant les entreprises mauriciennes à évaluer leurs stratégies de croissance futures, le haut-commissaire a ajouté : « Pour un groupe mauricien bien établi réfléchissant à sa prochaine étape de croissance, cela soulève une question commerciale intéressante : que pourrait-il construire, produire ou offrir demain qui n’est pas encore à sa portée aujourd’hui ? »

Julien Ramtohul

Journaliste et rédacteur basé à Maurice, je m’intéresse aux sujets qui racontent l’île au quotidien : actualité locale, société, culture, tourisme et initiatives mauriciennes. À travers mes articles, je cherche à proposer une information claire, utile et proche du terrain.